RÉDACTEUR EN CHEF DE BILAN

Serge Guertchakoff est rédacteur en chef de Bilan et auteur de quatre livres, dont l'un sur le secret bancaire. Journaliste d'investigation spécialiste de l'immobilier, des RH ou encore des PME en général, il est également à l'initiative du supplément Immoluxe et du numéro dédié aux 300 plus riches. Après avoir été rédacteur en chef adjoint de Bilan de 2014 à 2019, il a pris la succession de Myret Zaki en juin de cette année.

Des Chinois arrivent

La 2e plus grosse transaction ces derniers mois (pour 23,6 millions) a concerné deux acheteurs asiatiques

Trois constats s’imposent en conclusion de cette 19e enquête exclusive sur les 300 plus riches de Suisse. Le premier est que la fortune des multimilliardaires est bien corrélée à l’évolution des cours en bourse. En effet, ceux-ci sont généralement d’importants actionnaires de sociétés cotées. Prenons l’exemple d’AB InBev, plus grand groupe brassicole du monde. La chute de la valeur du paquet d’actions d’AB InBev détenu par Jorge Lemann a contribué à faire baisser l’évaluation de sa fortune de 7 milliards, l’empêchant ainsi de prendre la tête de notre classement. Cela étant, certaines importantes modifications de fortune ne sont pas liées à une cotation. Ainsi, si le patrimoine de Gérard Wertheimer a augmenté de 7 milliards cette année, c’est parce que Chanel, l’empire de luxe qu’il détient avec son frère, a dévoilé ses résultats financiers pour la première fois de son histoire.

Second constat: une bonne partie des plus riches qui entrent dans notre classement proviennent des pays de l’ancien bloc soviétique: Andrey Melnichenko, Karel Komarek, la famille Scherbakov ou encore Erkin Bekbolotov. Cependant, la catégorie des entrepreneurs suisses n’est pas négligeable: les fondateurs de Swissquote Marc Bürki et Paolo Buzzi, l’actionnaire du groupe Hirslanden La Colline Grangettes Philippe Glatz, le fondateur du service de paiement mobile Zong David Marcus, le créateur d’ObsEva Ernest Loumaye ou encore le promoteur immobilier Olivier Plan. Autant de personnes qui ne sont pas des héritiers et qui prouvent que l’on peut encore faire fortune ici. Relevons que le Valais a la cote auprès des nouveaux forfaitaires, au détriment de Genève.

Troisième constat: la conjoncture s’est améliorée. On constate une reprise des nouveaux résidents, pas autant qu’avant 2010, mais tout de même. Autre aspect intéressant, ces arrivées concernent notamment des ressortissants asiatiques, principalement chinois. De manière factuelle, cela se reflète par les acquisitions de biens immobiliers de prestige intervenus en 2018 sur Genève. Fait rare, quatre acquisitions ont été effectuées par des familles chinoises, ou en provenance de Singapour. Ainsi, la deuxième plus grosse transaction intervenue ces derniers mois (pour 23,6 millions de francs) a concerné deux acheteurs d’origine chinoise (Li Sun et Ying Xing) qui se sont offert une belle propriété à Chêne-Bougeries (GE).

35 riches résidents en moins

Cela étant, ces emménagements ne doivent pas faire oublier un certain exode des riches contribuables. Notre confrère Le Temps a ainsi obtenu de l’Administration fiscale genevoise l’indication que Genève avait perdu, depuis 2010, 35 résidents payant plus d’un million de francs d’impôts par an. A prendre au sérieux alors que la Jeunesse socialiste suisse a récolté 115 000 signatures pour imposer le 1% des plus riches. Certains pensent sans doute qu’une personne fortunée a les pieds fixés au sol et ne pourra pas déplacer ses papiers ailleurs…

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