RÉDACTEUR EN CHEF DE BILAN

Serge Guertchakoff est rédacteur en chef de Bilan et auteur de quatre livres, dont l'un sur le secret bancaire. Journaliste d'investigation spécialiste de l'immobilier, des RH ou encore des PME en général, il est également à l'initiative du supplément Immoluxe et du numéro dédié aux 300 plus riches. Après avoir été rédacteur en chef adjoint de Bilan de 2014 à 2019, il a pris la succession de Myret Zaki en juin 2019.

Covid-19: appel au bon sens

S’agit-il de supprimer tout cas de contamination? il est devenu difficile de comprendre ce que visent nos autorités

Des voix commencent à s’élever pour dénoncer la gestion anxiogène de la crise du Covid. Nous partageons cette inquiétude. Il ne s’agit pas de nier la virulence du Covid-19, mais de la remettre à sa juste place. Les données scientifiques actuelles montrent que sa virulence ne serait «que» 2,5 fois supérieure à celle d’une forte grippe (5000 morts), et ce rapport (1,5) tend à diminuer. Pour s’en convaincre, il n’y a qu’à voir les courbes statistiques des décès et des hospitalisations. La première indique très clairement que depuis le pic rencontré début avril en Suisse (158 décès en un jour), la courbe a chuté pour passer largement en dessous des 5 décès par jour. Cela signifie qu’aujourd’hui on parle d’un virus causant moins de 150 morts par mois en Suisse, alors que la mortalité (toutes causes confondues) s’élève habituellement à environ 5000 à 6000 par mois. Quant à la courbe des hospitalisations, elle est tout aussi parlante. Sans même parler des postes de soins intensifs qui ne sont occupés qu’à environ 2%... Autant dire que, comme le rappelait Antoine Hubert, président de Swiss Medical Network, deuxième plus grand groupe de cliniques du pays, «nous sommes très loin de la saturation».

Certes, les plus anxieux rétorqueront que les cas semblent repartir à la hausse. Ce n’est pas faux, mais cela s’explique à la fois par la multiplication des personnes testées et par la nécessité de déconfiner la société. Cependant, l’immense majorité des personnes infectées ne développent aucun symptôme. Tout indique que ce virus, comme d’autres avant lui, est en train de s’adapter rapidement à son hôte, l’être humain. Cette évolution est particulièrement visible dans la majeure partie des pays européens. Certains médecins estiment que c’est bien la preuve que le virus a rencontré diverses mutations qui l’ont rendu beaucoup moins agressif. La seule et unique question qui prévaut actuellement devrait être la suivante: quel est l’objectif visé aujourd’hui par les pouvoirs publics? Les services de soins intensifs sont peu occupés. Or, lors du semi-confinement décrété par le Conseil fédéral à la mi-mars, il s’agissait d’éviter une situation où nos hôpitaux ne pourraient plus faire face à un afflux de personnes gravement malades. Cela n’est plus d’actualité. On est bien en peine de comprendre les motifs visés actuellement. S’agit-il de supprimer tout cas de contamination? Si tel était le but, alors nos frontières seraient hermétiquement fermées… Autrement dit, il est devenu difficile de comprendre ce que visent nos autorités.

Amateurisme

Les virus font et feront partie de notre existence. Les personnes qui sont à risque doivent être encouragées à se vacciner. Cela n’est pas encore possible pour le Covid-19, mais comme le CEO de Moderna nous l’a déclaré en exclusivité dans cette édition, il est fort probable qu’un vaccin sera mis sur le marché au premier semestre 2021, y compris en Suisse. Dans l’intervalle, il serait temps que le Conseil fédéral reprenne la main. L’actuel amateurisme est en train de pénaliser inutilement les personnes qui doivent voyager pour leur travail, ou encore les étudiants et les stagiaires. Pour quel motif ces dizaines de milliers de personnes devraient encore pâtir de l’absence de bon sens de certains? A chacun de prendre désormais ses responsabilités, tout en respectant certaines règles sanitaires (distances, désinfection des mains, voire, dans certains cas, le port d’un masque momentané). J’en appelle au bon sens de nos dirigeants. Attraper une grippe est rarement mortel pour une personne bien portante. Désormais, on peut affirmer qu’attraper le Covid-19 n’est guère plus dangereux.

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