RÉDACTEUR EN CHEF DE BILAN DE 2019 A 2021

Serge Guertchakoff a été rédacteur en chef de Bilan de 2019 à 2021, et est l'auteur de quatre livres, dont l'un sur le secret bancaire. Journaliste d'investigation spécialiste de l'immobilier, des RH ou encore des PME en général, il est également à l'initiative du supplément Immoluxe et du numéro dédié aux 300 plus riches. Après avoir été rédacteur en chef adjoint de Bilan de 2014 à 2019, il a pris la succession de Myret Zaki en juin 2019, avant de céder la place à Julien de Weck à l'été 2021.

Ce qui est dramatique, c’est le manque de vision, d’anticipation et de courage de ceux qui gouvernent la Suisse aujourd’hui.

Ce qui est dramatique, c’est le manque de vision, d’anticipation et de courage de ceux qui gouvernent la Suisse aujourd’hui.

L

es entrepreneurs suisses n’ont pas de chance. Notre pays a beau avoir été bien géré depuis de longues années, ou du moins à l’échelle fédérale, il ne sait que trop rarement «prendre de la hauteur». Ceux qui gouvernent aujourd’hui la Suisse sont peu charismatiques, ce qui n’est pas dramatique en soi. Ce qui l’est, par contre, c’est leur manque de vision, d’anticipation et de courage.

Prenons l’actuel patron des Finances, Ueli Maurer, 70 ans, et l’actuel président de la Confédération chargé des affaires économiques, Guy Parmelin, 61 ans. On aurait pu penser naïvement que nos deux agriculteurs UDC feraient preuve de ce légendaire «bon sens paysan». Que nenni! Au lieu d’investir massivement dans le soutien aux centaines de milliers de PME du pays, nous devons malheureusement subir aujourd’hui «une gestion d’épicier», comme le dénonce à juste titre le conseiller d’Etat genevois Mauro Poggia, chargé de la Santé et de l’Economie. Selon une récente analyse du Fonds monétaire international (FMI), la Suisse n’a dépensé que l’équivalent de 4,8% de son PIB en aides économiques. Un pourcentage inférieur à nos voisins européens (Allemagne 8,3%, France 5,2%, Italie 4,9%). Or, paradoxalement, la Confédération est bien moins endettée que les pays qui l’entourent.

A situation exceptionnelle, réponse exceptionnelle. Cela, le Conseil fédéral peine à l’intégrer. Pourtant, les autorités cantonales multiplient les interventions. Jusqu’ici en vain. Ueli Maurer semble uniquement obnubilé par le niveau de la dette. En période «normale», personne de raisonnable ne saurait le lui reprocher. Mais à l’heure actuelle, alors que les faillites vont exploser en 2021 et que le taux de chômage risque de prendre l’ascenseur, ce conseiller fédéral devrait parvenir à comprendre que ce que l’on ne verse pas aujourd’hui, nous le payerons bien plus cher demain.

Si le manque de témérité de nos édiles se poursuit encore, alors nous risquons de nous retrouver avec un quart de la population qui pourrait dépendre de l’aide sociale (!). Il faut désormais que nos représentants aux Chambres fédérales contraignent le Conseil fédéral à revoir sa copie. Rappelons que ce dernier empêche tout simplement l’économie de fonctionner à peu près normalement. Nombre d’entreprises ont été contraintes à fermer. Dès lors, notre pays doit assumer ses responsabilités et soutenir ces personnes qui le font vivre, créent de la richesse, créent des emplois et animent nos rues. Si certains conseillers fédéraux n’arrivent pas à le comprendre, alors une seule solution s’impose: qu’ils démissionnent.

Changeons de sujet. Le magazine que vous tenez en main inaugure une nouvelle formule mensuelle. Toute la rédaction espère que vous aurez autant de plaisir à le découvrir que nous en avons eu à le concevoir. Nous vous avions promis plein de surprises, avec de nouvelles rubriques, davantage de mises en perspective, mais aussi des enquêtes. A ce propos, nous sommes au regret d’avoir dû temporairement renoncer, dans la soirée du 22 janvier, à publier une excellente enquête. En effet, il est difficile pour la presse d’assumer son rôle de contre-pouvoir lorsqu’une ordonnance de mesures superprovisionnelles est rendue par la justice au dernier moment. Mais, que l’on se rassure, notre rédaction n’entend pas renoncer aux enquêtes. Ce n’est que partie remise. Dans l’intervalle, nous vous souhaitons une bonne lecture!

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