RÉDACTEUR EN CHEF DE BILAN

Serge Guertchakoff est rédacteur en chef de Bilan et auteur de quatre livres, dont l'un sur le secret bancaire. Journaliste d'investigation spécialiste de l'immobilier, des RH ou encore des PME en général, il est également à l'initiative du supplément Immoluxe et du numéro dédié aux 300 plus riches. Après avoir été rédacteur en chef adjoint de Bilan de 2014 à 2019, il a pris la succession de Myret Zaki en juin de cette année.

Autoroutes: cassons les tabous!

Rappelons qu’en 2017, les routes nationales suisses ont enregistré 25 853 heures de bouchons

L’année 2019 semble plutôt bien démarrer avec l’annonce faite comme quoi le Conseil fédéral désirerait étendre les autoroutes à six voies sur les grandes artères. Enfin! Le statu quo n’est en effet pas tenable. Rappelons qu’en 2017 (le chiffre 2018 sera très certainement encore en croissance), les routes nationales suisses ont enregistré 25 853 heures de bouchons. Et l’on ne parle pas du fameux «trafic en accordéon»…  C’est deux fois plus qu’en 2009. Cela a un coût réel: environ 2 milliards de francs perdus pour l’économie du pays. 

Les Verts crient déjà au scandale. Il est vrai qu’au lieu de s’attaquer aux bouchons qui polluent, ceux-ci voudraient voir les voitures tout simplement disparaître. Comme si la Suisse pouvait empêcher, par exemple, les véhicules immatriculés à l’étranger d’emprunter nos autoroutes… Comme si l’ensemble des citoyens pouvait se déplacer autrement. Un simple transfert vers les transports publics n’est pas envisageable. Il suffit de prendre le train aux heures de pointe pour se rendre compte de leur saturation.

Un retard important

En réalité, les besoins en mobilité ne devraient pas diminuer, quand bien même le télétravail devrait gagner des parts de marché car il n’est pas encore complètement entré dans les mœurs. Située au cœur de l’Europe, la Suisse se doit d’adapter ses infrastructures. 

Lorsque le 23 avril 1964, le conseiller fédéral Hans Peter Tschudi a inauguré le premier tronçon d’autoroute suisse, soit l’A1 entre Genève et Lausanne, la Suisse ne comptait que 1,144 million de véhicules à moteur (dont moins de 840 000 automobiles). En septembre 2017, la barre des 6 millions de véhicules routiers à moteur immatriculés a été franchie, dont 4,57 millions de voitures de tourisme. On ne peut prétendre que le réseau autoroutier n’a pas tenté de suivre cette croissance, sauf dans l’arc lémanique, principalement. Les autoroutes à six voies (trois dans chaque sens) ne s’étendent que sur 97 kilomètres en Suisse pour l’heure, notamment pour le contournement de Lausanne. 

Lors de sa séance du 30 novembre dernier, le Conseil fédéral a approuvé le projet d’élargissement à six et huit voies de la route nationale entre Berne Wankdorf et Schönbühl. Un projet qui devrait coûter près d’un demi-milliard de francs. 

C’est l’occasion de rappeler que sous le règne de Moritz Leuenberger, à la tête du Département des transports de 1995 à 2010, un important retard s’était accumulé en matière d’adaptation des infrastructures routières. On ne peut dès lors que se féliciter de voir notre gouvernement fédéral oser s’atteler enfin à ce problème. 

Cassons ce tabou ridicule, n’en déplaise aux dogmatiques. Reste aux autorités à favoriser davantage encore les véhicules les plus propres, par le biais d’outils fiscaux.

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