Septembre passe et s’est passé

Il suffisait de lire la première phrase de tout article commentant la réunion du FOMC (Comité fédéral d’open market) de septembre pour comprendre que le président de la Réserve fédérale Ben Bernanke bottait en touche pour calmer les effets de la hausse des taux réels américains. Une façon aussi de passer le brûlot du «tapering» à son (sa) successeur.

Le dollar a accusé le coup immédiatement, l’horizon boursier semblant quant à lui radieux jusqu’en janvier, étayant par là même notre sentiment constructif sur cette classe d’actifs. Les taux d’intérêt, quant à eux, se sont détendus juste modérément.

La désescalade des velléités martiales a aussi contribué à l’ambiance positive des marchés. Il est quand même un comble que ce soient les Russes qui empêchent des Américains et des Européens désargentés et sans soutien populaire de se mettre dans un nouveau bourbier. Mais ont-ils été empêchés ou y ont-ils trouvé une excellente raison d’être empêchés?

Enfin, le succès électoral d’Angela Merkel, quoique tempéré par le revers des libéraux, est une excellente nouvelle pour l’Allemagne et pour l’Europe.

La page de l’après-crise de 2008 se tourne

Le menu de l’automne reste chargé (la question du plafonnement de la dette aux Etats-Unis notamment), mais on a le sentiment, pour la première fois depuis longtemps, que la page de l’après-crise de 2008 se tourne définitivement.

Ce monde, pris d’une soudaine crise de raison, me perturbe un peu, mais tout simplement n’avons-nous peut-être plus les moyens de ne pas être raisonnables?

La courbe des taux d’intérêt est l’un des seuls indicateurs avancés fiables à l’horizon six mois: courbe inversée signifie récession, pentification de la courbe signifie reprise. C’est bien dans ce second cas de figure que nous nous trouvons. Mes craintes quant à la sortie de l’été étant repoussées au début de l’année prochaine, la vision peut être constructive.

Boursièrement, alors qu’en Europe l’effet de rattrapage joue à plein, c’est paradoxalement dans les marchés émergents que le potentiel est le plus important pour les opportunistes.

 On doit, pour prendre ce pari, miser sur une continuation de la politique d’information chinoise qui, à l’aide de chiffres sur mesure, vise à rassurer plus qu’à informer de façon factuelle. 

En effet, la situation d’endettement des provinces est une boîte de Pandore dont il ne faut surtout pas ouvrir le couvercle. La locomotive chinoise tire de toute manière plutôt l’économie mondiale au rythme du train bleu qu’à celui d’un TGV.

Encore un peu plus à l’est, le Japon attend la troisième «flèche» de son plan de relance.

Accord de libre-échange avec la Thaïlande

Pour revenir en Suisse, la hausse des taux longs des obligations de la Confédération à dix ans, correspondant au mouvement généralisé de hausse des taux réels initié aux Etats-Unis, devrait apporter un répit à la BNS quant à ses craintes de surchauffe immobilière. 

Comme toujours dans ce contexte, cela arrive au moment où les demandes de permis de construire et les grues dans le paysage n’ont jamais été aussi nombreuses depuis fort longtemps.

Continuant sa politique d’ouverture commerciale, notre gouvernement a signé un deuxième accord de libre-échange avec un pays asiatique, la Thaïlande. 

De ce point de vue, il est aussi intéressant de remarquer que si 200 000 Suisses visitent ce pays chaque année, ce sont déjà 60  000 Thaïlandais qui viennent chez nous pour y admirer nos sites touristiques
et probablement y faire des achats onéreux, de montres notamment.

L’industrie du luxe, les pharmaceutiques, certaines financières, les valeurs de technologie et d’internet ainsi qu’un retour ciblé sur des valeurs cycliques constituent un menu de chasse assez large pour l’automne.

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