Bernard Radon

DIRECTEUR GÉNÉRAL DE COACHING SYSTEMS SARL

"Il y a chez Bernard Radon une quête perpétuelle pour comprendre les mécanismes de la stratégie et du management. Mais comment s’y prend-t-il pour coucher sur papier ce foisonnement d’expériences d'accompagnement de cadres et de cadres dirigeants? Je crois qu’il s’amuse à noter ses idées sur un petit calepin imaginaire. Il les transcrit ensuite sur des petits morceaux d’étoffe qu’il range soigneusement dans une boîte. Et quand le besoin de publier se fait pressant, il les sort, les trie, les arrange et enfin les coud soigneusement les uns avec les autres pour en faire un patchwork très ordonné dont l’image est non seulement cohérente, mais aussi d’une pertinence logique qui interpelle ses lecteurs. Il dit d’ailleurs en substance dans ses différents livres que l’on apprend à connaître son environnement par touches successives, comme si on reliait entre eux les morceaux d’un vaste puzzle. Au final, après avoir pris du temps, acquis et comparé toutes nos connaissances, c’est l’image d’ensemble qui se dégage: les organisations humaines dans toute leur complexité".

Sepp Blatter: un exemple pour les jeunes

La lecture de la biographie de Sepp Blatter devrait apporter quelques enseignements à nos jeunes. Décodage en cinq points de son passage du rang de star jusqu'à sa déchéance finale.

1. Chacun a sa chance

Le système démocratique sait reconnaitre ses fils. Sepp Blatter vient du peuple. Son père est contremaître chez Lonza. Ses talents et son intelligence lui permettent de descendre du haut Valais pour la plaine du Rhône, puis sur l’arc lémanique où il fait HEC Lausanne.

2. Se faire repérer pour arriver au sommet

Un grand classique du management : quelques jeunes leaders, bien rares, se font repérer par des cadres dirigeants. Des responsabilités de plus en plus complexes leur sont confiées… et ils s'en sortent avec brio. Ces mentors leur font la courte échelle et en quelques années, ils arrivent au sommet. La destinée de Sepp Blatter l'amène, lui, sur le toit du monde.

3. Avec deux idées simples, on peut conquérir le monde

Pour rester 17 ans à la tête d'une organisation qui ne vous appartient pas, il faut au moins deux idées de génie. La première est que les instances qui vous élisent aient intérêt à le faire. La seconde est que s'arranger pour que toutes aient le même poids dans leur vote quelque soit leur importance économique. A ce niveau, Sepp Blatter sublime la démocratie… à son profit. Quand on sait que, dans les organisations privées du CAC 40, la durée de vie moyen d'un directeur général à son poste est d'à peine de 4 ans, on comprends l'habilité hors du commun du Valaisan.

4. Le discours du dirigeant est la clef de son succès

Là, notre ami Sepp surclasse ses pairs : Brad Dougan, Marcel Ospel, Daniel Vasella et à une moindre échelle Dominique Giroud. Comment, sans un discours robuste, une détermination sans écart, une posture psychorigide, peut-on résister aussi longtemps à un aussi grand nombre de scandales ? Un mystère. Il faut absolument qu'il puisse donner quelques conférences dans nos HEC.

5. Enfin, il y a une justice

Certes est difficile de se tracer un destin jusqu'au sommet sans compromis sur certaines moralités. Mais à trop minimiser les menaces de corruptions qui se tramaient autour de lui, Sepp Blatter a cumulé les faux-fuyants. Il se retrouve maintenant devant le ministre américain de la justice Loretta Lynch. Un combat de géant est en train de s'engager. Terré dans sa tanière (suisse), l'ancien Dieu des stades se prépare pour son dernier match qui risque fort de le faire passer du 5 étoiles à la cellule commune.

Quel triste retour d'une destinée hors du commun.

Du même auteur

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info

Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."