<p>Rédacteur en chef du Temps, (ex-rédacteur en chef de Bilan)</p>

Depuis le 1er janvier 2015, Stéphane Benoit-Godet dirige la rédaction du quotidien Le Temps. Il était le rédacteur en chef de Bilan de 2006 à 2015. Auparavant, il a travaillé pour les quotidiens La Tribune de Genève et Le Temps 1998-2003), journal dont il a dirigé la rubrique économique (fin 2000 à mi-2003). Juriste de formation, Stéphane a fait ses études en France à l'Université d'Aix-Marseille III. 

 

 

Se lancer, même tout seul

La relation au travail des Suisses a été complètement bouleversée ces vingt-cinq dernières années. A la fin des années 80, le Graal consistait à rejoindre une prestigieuse entreprise. Pour moi qui ai commencé l’Université en 1988, il fallait intégrer les rangs des auditeurs et consultants de Arthur Andersen.

C’était une grosse compagnie, au rôle très abscons qui promettait un avenir radieux aux jeunes diplômés. Travailler pour une firme très respectée à des tâches ennuyeuses mais très rémunératrices nous donnait une bonne raison de quitter le canapé familial. Le modèle a vécu et péri – Arthur Andersen a été déclaré en faillite en 2001 – et entre-temps un nouvel idéal d’employeur avait surgi.

La Suisse a vu émerger les start-up, ces entreprises lancées par des gens qui basaient leur nouveau modèle de travail sur la prise de risque et l’invention de leur propre activité dans le but de créer rapidement de la valeur. Les entrepreneurs d’alors rêvaient de se lancer avec une petite bande de copains en vue d’une IPO toute proche accompagnée de juteuses stock-options. Mais leur enthousiasme ne rejoignait pas souvent ceux des investisseurs et la crise de la Nouvelle Economie a mis fin à beaucoup d’ambitions.

Aujourd’hui, l’envie de prendre son destin en main subsiste bien sûr, mais il s’agit davantage de créer son propre job. Les entrepreneurs qui se lancent peuvent réaliser leur rêve à tout âge, avec peu de moyens et de plus en plus souvent seuls grâce à de nouveaux outils.

Réseaux sociaux, 3D et crowdfunding

Tout d’abord, les études de marchés classiques deviennent moins pertinentes quand vous pouvez scruter les habitudes de consommation de vos clients potentiels via les réseaux sociaux.

Ensuite, pourquoi construire une usine quand vous pouvez désormais produire avec une simple imprimante 3D dans votre garage? Et surtout, vous n’avez plus besoin de banque quand un site de crowdfunding vous permet de lever votre capital vous-même.

L’appât du gain subsiste – un excellent stimulant! – mais la plupart de ces créatifs ne visent pas leur premier milliard. Ils veulent juste lancer leur entreprise pour en tirer un salaire décent, goûter à l’indépendance, prendre du plaisir à créer, voire même s’amuser. La Suisse a décidément beaucoup changé.

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