Khalfi Malik

CEO @ BE-CASH | WWW.BE-CASH.CH | SPEAKER @ M3K | WWW.M3K.CH

Après 8 années passées dans le domaine financier, Malik crée successivement plusieurs sociétés, dont la 1re franchise « adidas Originals » en Suisse. Depuis 2012, il conseille les entrepreneurs et les dirigeants d'entreprises, et intervient lors de conférences sur la thématique de l'entrepreneuriat www.m3k.ch

En 2013, il cofonde Be-Cash, dont il est le CEO, et vient révolutionner le marché des terminaux de paiement en proposant des terminaux à la vente dès 99.-. www.be-cash.ch

Se lancer en tant qu'entrepreneur (1/2)

En 2009, alors que je lançais ma première société, j'étais pris par l'euphorie que tout entrepreneur découvre quand il se met à son compte. Débordant d’énergie, les idées ne manquaient pas pour faire connaître mes services qui allaient révolutionner le monde. Les désillusions furent au rendez-vous tout comme quelques milliers de francs dilapidés, prix d'un bon apprentissage. Résumé d'une aventure avec quelques trucs et astuces pour les aventuriers sur le point de se lancer ou déjà à leur compte.

Le « Kit de départ » de l'entrepreneur lambda
Afin de communiquer comme il se doit, il me fallait un nom de société, un logo, un site internet et des cartes de visites. L'idée étant de véhiculer une image professionnelle, j'y ai mis les moyens, consacrant même une partie importante de mon budget de départ. Bien que l'addition fut salée, je fus heureux de contempler mon site internet et mes cartes de visites – pour le coup, mon ego était flatté et mon compte en banque plus léger.

Dès lors que ma société fut présente sur la toile, que la couverture médiatique fut assurée (grâce à mon idée révolutionnaire) et que j'eus distribué mes cartes de visites, je m'attendais à ce que les clients pleuvent. Je fus rapidement rattrapé par la réalité du marché. Ce pour deux raisons principalement :

  1. Une approche (trop) révolutionnaire : mon service était si novateur qu'il fut perçu comme « trop beau pour être vrai ». C'était comme si un inconnu vous donnait de l'argent dans la rue sans raison apparente. Résultat des comptes : quand un service ou un produit se dit « novateur » ou « révolutionnaire », bien prendre la peine de l'assimiler à de l'existant afin que le consommateur s'y rattache (comme à une bouée), et qu'il comprenne la valeur ajoutée de votre service/produit.

  2. Le temps de gestation : sous-estimé par les entrepreneurs, il faut du temps avant que le public adhère à votre concept et vous fasse confiance. Nombreux sont les clients m'ayant re-contacté 1 voire 2 ans après notre première discussion. Le conseil : soyez « conservateur » lorsque vous mettez sur pied vos projections financières, particulièrement les 6 à 12 premiers mois d'activité (si vous pensez être conservateur dans vos prévisions, divisez encore vos rentrées par 3 ou 4 afin de vous confronter à une réalité plus que probable). Mieux vaut une bonne surprise plutôt que l'inverse.

Un conseil à retenir concernant le « kit de départ » : si votre budget est serré, évitez d'investir trop d'argent en carte de visites et en site internet en pensant que le plus gros du travail est fait. Au contraire, tout reste à faire, à savoir, sortir et présenter votre concept.

Une dangereuse économie
A ses débuts, tout bon entrepreneur qui se respecte aura tendance à sacrifier une partie de son salaire, voire l'intégralité, afin de pérenniser son projet. Jusque-là, rien d'exceptionnel, même si « travailler plus pour gagner moins » est un concept qui prend du temps à intégrer (à développer dans un article ultérieur).

Dans le même ordre d'idée et dans le but de s'économiser certaines dépenses, il y a les couvertures d'assurances. En effet, à mes débuts, j'avais jugé inutile de m'assurer correctement (accident & maladie), ou plutôt, j'étais prêt à prendre le risque sachant que je réalisais là une « petite » économie. Sur ce coup, j'ai vraiment eu de la chance, car au moindre pépin, ce n'est pas seulement mon activité qui se serait figée, mais je mettais aussi à risque toute ma sphère privée.

D'ailleurs, une majorité des micros et petites entreprises (1 à 50 employés), dirigées par une personne, économisent sur leurs couvertures en assurances au lancement de leur activité. Le dirigeant opte pour un délai d'attente d'en moyenne 30 jours avant de pouvoir prétendre à des indemnités en cas d'accident ou de maladie. Les sommes de couverture sont aussi rarement adaptées aux besoins de l'entreprise, ne couvrant que le salaire AVS déclaré du patron. Les années passent et les contrats ne sont que rarement revus, augmentant les dangers auxquels s'exposent les entreprises et leurs patrons/propriétaires. Petit tour d'horizon sur les risques inhérents lorsqu'un patron est malade ou accidenté :

  1. Le savoir-faire : 100% du savoir-faire de la petite entreprise repose sur les épaules d'une personne : « le patron ». Si ce dernier est absent, la viabilité de l'entreprise est rapidement mise à mal.

  2. Les liquidités : l'entreprise ne prévoit que rarement les liquidités permettant : a) de couvrir le salaire de son patron, b) d'intégrer la baisse de chiffre d'affaires due à l'absence de ce dernier, c) l'embauche d'un patron par intérim (qui coûte beaucoup plus cher que ce qu'un patron d'entreprise se verse comme salaire)

Ayant assisté à quelques faillites en 2012, qui auraient pu être évitées par des couvertures d'assurances adaptées, je fus marqué par la véracité de la fameuse "Loi de Murphy" ainsi que par :

  • La rapidité à laquelle une entreprise peut se trouver en cessation de paiements, incapable d'honorer le moindre fournisseur. Ajouter à cela les retards exceptionnels de paiements de quelques clients (loi de murphy oblige, quand ça tourne mal, les problèmes s'enchaînent).

et

  • L'impact sur la sphère privée du patron. Sous-assuré, ses charges personnelles ne sont plus couvertes (hypothèques, loyer, leasing, pension...etc) et sa situation privée vacille. C'est la spirale infernale qui se met en marche et il est peu probable, en tant que « petit » patron, de bénéficier d'un plan de sauvetage par la Confédération.

En somme, bien que le sujet des assurances figure sur la liste des points « à traiter », il est rare de lui apporter l'attention qu'il mérite. L'Homme préférera passer des heures à polémiquer sur le contenu d'un paragraphe figurant sur la page la moins visitée de son site internet, plutôt que de passer 45min/an avec son assureur à discuter des risques auxquels s'exposent sa société et sa vie privée, et les assurer.

Dans un second article (2/2), je traiterai des sujets tels que le réseau, la communication et les opportunités d'affaires.

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