Strobinofabrice

ANALYSTE CHEZ ANALYSES & DÉVELOPPEMENTS IMMOBILIERS

Diplômé de l'Institut d'études immobilières (IEI), Fabrice Strobino est architecte universitaire et chef de projets immobiliers chez Analyses & Développements Immobiliers depuis 2003. Il a en outre suivi le cursus de l'AZEK pour les gérants de fortune. Fort d'une expérience de plus de 4000 expertises pour de grandes banques, il est membre de l'Association des promoteurs et constructeurs genevois (APGC) et membre de la Chambre suisse des experts immobiliers (CEI).

Salon de l'auto contre vélo, stérile!

On a pu lire dans la Tribune qu’il y aurait un « après-voitures ». Vision passéiste !

La mobilité augmente depuis des milliers d’années et cela ne va pas s’arrêter ! La question est plutôt de savoir comment sortir de l’héritage du «  Federal Aid Highway Act » de 1956. Il préconisait de relier les métropoles américaines entre elles. Il fallait surtout pouvoir se rendre jusqu’au centre-ville avec la voiture. Cela a déteint naturellement à Genève. Le plan directeur cantonal des années soixante prévoyait des autoroutes sur les quais.

Aujourd’hui, on essaye de bricoler en favorisant la voiture, en rendant prioritaire les transports publics on en ne jurant que par la mobilité douce. Quadrature du cercle !

Eh bien, le vrai problème est là ! On bricole. Les politiciens essayent de récolter le plus de voix possibles en promettant l’impossible, même aux intégristes de tous les camps.

Il faut repenser tout le système. Issu du temps des calèches, il est devenu obsolète. Il n’existe pas de solution unique et globale. Cela ne fait que nourrir le mécontentement de tous. La société a naturellement évolué vers un système multimodal qui implique des solutions nouvelles.

Nous vivons dans une société de services mais qui évolue vers la dématérialisation de ceux-ci. Il reste cependant de plus en plus d’entreprises de services qui ont besoin de mobilité. Ce sont notamment des entreprises de nettoyage, des installateurs en tout genre et des livreurs. La croissance continue du commerce en ligne le démontre bien. La première réponse serait d’autoriser uniquement les véhicules d’entreprises et les taxis, les deux électriques, dans les hyper centres-villes. De cette manière, il sera aussi possible de prévoir les besoins énergétiques pour cette flotte d’engins. Car, à ce jour, personne ne s’est posé la question de l’approvisionnement électrique si tout le parc de véhicules ne roulait plus qu’avec cette énergie.

Ensuite, les parkings des immeubles ne sont pas conçus pour inciter à y laisser sa voiture pendant une longue durée. Qu’elle reste en sous-sol ou qu’elle roule, le prix est le même. Aux parkings de Palexpo ou sous le Lac, les plaques des voitures sont photographiées. Avec ce système, il serait ainsi possible de payer un abonnement mensuel puis de facturer les voitures chaque fois qu’elles sortent des nouveaux immeubles. Et plus on s’approche du centre, plus le principe s’inverse.

Cela permettrait d’envisager des points de transvasement entre les transports publics et le transport individuel dans la couronne des villes. A l’image du Japon, il serait possible de faire ses courses au centre-ville et de les retrouver directement au parking périphérique.

Ces parkings périphériques qui seraient peu onéreux et qui rendraient possible les achats les mains dans les poches modifieraient complètement nos rapports aux centres-villes. Mais cela laisserait aussi de la place à la mobilité douce et aux piétons.

Ainsi, pour chaque type de déplacement il y aurait un mode adapté. Et de la même manière, pour chaque déplacement il pourrait y a voir une énergie. Pour exemple, courte distance à l'électricité, moyenne distance à l'hybride ou l'hydrogène et pour les très longues distances, le moteur thermique. Car le but de l'écologie est aussi de gérer les ressources, pas de se ruer sur une seule comme cela a été fait pour l'essence, dans un autre temps.

Cette guerre de tranchées entre automobilistes et piétons est stérile.

Il est plus que temps de façonner les villes de demain !

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