Jean Philippe Buchs

JOURNALISTE À BILAN

Journaliste à Bilan depuis 2005.
Auparavant: L'Hebdo (2000-2004), La Liberté (1990-1999).
Distinctions: Prix Jean Dumur 1998, Prix BZ du journalisme local

Salaire minimum: aux patrons de jouer

Après le refus des six semaines de vacances et celui de la limitation des écarts salariaux dans une proportion de 1 à 12 dans les entreprises, les syndicats et la gauche essuient une troisième défaite consécutive avec le rejet de l’initiative sur le salaire minimum à 4000 francs. Le résultat, qui est net (non: 76,3%, oui: 23,7%), montre que les citoyens helvétiques restent très attachés au partenariat social et se méfient de toute ingérence de l’Etat dans ce domaine. Ils préfèrent continuer de miser sur le bon sens des représentants des employeurs et des employés pour améliorer les conditions de travail. 

Ce nouvel échec, qui est un véritable camouflet, était prévisible. Les syndicats et leurs alliés politiques ont tendu à leurs adversaires les verges pour se faire battre. Défendre un salaire minimal sur l’ensemble du territoire et dans toutes les branches de l’économie relevait de la gageure dans un environnement économique marqué par un chômage élevé chez nos voisins où une telle disposition est en vigueur. De surcroît,  les citoyens suisses ne sont guère concernés par ce débat puisque les bas salaires touchent essentiellement des travailleurs d’origine étrangère actifs dans l’hôtellerie, la restauration, l’agriculture et les services personnels (femmes de ménage, coiffeurs, etc.). 

Le combat n’a pourtant pas été complètement vain. Au cours des derniers mois, plusieurs entreprises – par exemple Lidl, Aldi, Bata, H&M – de même que la branche du métal, les acteurs du commerce de détail du canton de Genève et les paysagistes alémaniques ont décidé d’augmenter les salaires de leurs collaborateurs aux environs de 4000 francs. Et, en 2013, les Jurassiens ont adopté un salaire minimal sur le plan cantonal.

La balle est désormais dans le camp du patronat. Pendant la campagne qui a précédé la votation, ce dernier a loué les mérites des conventions collectives de travail (CCT). C’est dans ce cadre, insiste-t-il, que les partenaires sociaux doivent trouver des solutions adéquates. A l’instar de la CCT de l’industrie des machines qui a fixé, pour la première fois l’an dernier, un salaire minimal par région. Un modèle à suivre. 

Or, les patrons peinent à concrétiser cette politique: les CCT ne couvrent que 50% des salariés et seul le 40% d’entre eux bénéficie d’une rétribution minimale. La balle est désormais dans leur camp. A eux de jouer avant que les syndicats ne lancent une initiative pour rendre obligatoire les CCT!

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