Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

ROUBAIX/La Piscine a rouvert avec 2300 mètres de plus pour le musée

Crédits: La Piscine, Roubaix

Je viens seulement de le découvrir. La Piscine de Roubaix a rouvert ses portes le 20 octobre. Il y a eu tout un week-end, bien sûr voulu festif. Une chose indispensable dans une ville qui reste par ailleurs sinistrée sur le plan économique et social. Il faut avoir vraiment envie de se promener pour le faire à Roubaix le soir. 

La Piscine constitue l'une des rares créations réussies récentes dans le domaine muséal de la province française. Les collections ont pris place dans un imposant phalanstère construit en forme de couvent entre 1927 et 1932 par Albert Baert. Ce dernier avait particulièrement soigné le bassin de natation, qui occupe entièrement l'une des quatre ailes. Roubaix restait alors une capitale de la bonneterie. Le maire Jean-Baptiste Lebas avait donc pu disposer de gros moyens. Il n'en allait évidemment plus de même lorsque l'idée a surgi vers 1980 de transformer le bâtiment sous-utilisé en musée d'arts, avant tout décoratifs, des XIXe et XXe siècles. Il aura bien sûr fallu des années de palabres avant sa concrétisation pour un budget équivalant à 19,5 millions d'euros. C'est Jean-Paul Philippon, 73 ans en 2018, qui s'est chargé de la très respectueuse transformation. Philippon a aussi travaillé à Orsay et plus récemment au nouveau musée de Valence.

Un succès phénoménal 

Le succès de l'opération a dépassé toutes les espérances. Le but à l'ouverture, en 2001, était d'attirer 60 000 visiteurs par an. La fréquentation est assez vite arrivée à 230 000 personnes. Il fallait donc agrandir, en plus de rafraîchir. Le même Philippon s'est remis au travail. L'enveloppe était cette fois de 9,3 millions d'euros. L'architecte a ainsi pu dégager 2300 mètres carrés supplémentaires pour les collections et des ateliers. Il a aussi pu intégrer le Musée Henri-Bouchard, dédié au sculpteur de ce nom. Ce dernier occupait jusqu'à il y a quelques années une belle parcelle du XVIe arrondissement, là où le terrain vaut le plus cher en France. Inutile de dire que le lopin a fini par exciter des convoitises, alors que disparaissaient les descendants directs de l'artiste. Je rappelle que Bouchard est le co-auteur avec Marcel Landowski du Monument des Réformateurs à Genève, taillé dans la pierre pendant la Première Guerre mondiale. 

Il y a cinq expositions pour marquer la réouverture après dix-huit mois de travaux dont six de fermeture. Tout est reparti très fort. Ce succès couronne pour une fois l’originalité. Dans le domaine du moderne, La Piscine a remis en valeur (tout comme le Musée des Années 30 de Boulogne-Billancourt, aujourd'hui à la peine) ce que rejetaient des institutions comme le Centre Pompidou. Un autre XXe siècle, plus traditionnel. Moins avant-garde. Un peu décoratif. Résolument pluriel. Comme quoi... 

Pour davantage d'informations, www.roubaix-lapiscine.com

Photo (DR): Le cadre devenu célèbre de la piscine. Il y a vraiment de l'eau.

Texte intercalaire.

 

 

 

 

 

 

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