Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

ROME/Le Palazzo Barberini rate son exposition Arcimboldo

Crédits: Victoria & Albert Museum, Londres 2017

En 2011, le Palazzo Reale de Milan proposait une énorme exposition consacrée à Giuseppe Arcimboldo (1526-1593) et à ses environs. Il s'agit en effet d'un artiste lombard, même si la majeure partie de sa carrière s'est déroulée dans la Prague des empereurs Ferdinand Ier et Rodolphe II de Habsbourg. Parti en 1562, il ne reviendra dans sa patrie qu'en 1587. 

Tout le monde connaît les inventions maniéristes d'Arcimboldo, notamment ses quatre Saisons. Le Printemps se compose de toutes sortes de fleurs. L'Automne de fruits. Il en existe de nombreuses versions de ces peintures, de plus ou moins bonne qualité. Généralement moins. Il s'en retrouve une quantité dans l'actuelle exposition dédiée au maître aux Gallerie Nazionali d'Arte Antica de Rome, logées au Palazzo Barberini. Ouverte par le célèbre autoportrait de 1587, dessiné au lavis bleu, la manifestation montre également l'artiste et son immédiate postérité. Notons que cette fois un vitrail a été détaché du Duomo de Milan. Arcimboldo en est l'auteur. Il existe chez lui une réelle diversité d'inspirations. Le prouve par ailleurs un immense tapisserie. Elle a été tissée par Giovanni Karcher pour la cathédrale de Monza sur le thème de «La dormition de la Vierge» à partir d'un de ses cartons.

Un peu de tout 

Il se trouve de tout un peu au long du parcours. Il fait aussi bien place aux cristaux de roche taillés par l'atelier des Miseroni pour les mêmes empereurs romains-germaniques qu'à une majolique joyeusement pornographique de Franceso Urbini datée 1536. Beaucoup de musées ont prêté, dont ceux de Houston, de Munich ou de Stockholm. Le prince du Liechtenstein a également accepté de participer à cette rétrospective montée par Sylvia Ferino-Pagden. On aimerait pouvoir en dire du bien. La réussite n'est hélas pas au rendez-vous. Il ne suffit pas de disposer d’œuvres du niveau de l'autoportrait du peintre Lomazzo ou de quelques-uns des meilleurs exemplaires du Saisons. Il faut pouvoir en tirer quelque chose. Or tout reste ici d'une grande banalité de pensée. Le décor se révèle par ailleurs plutôt moche. Dommage!

Pratique

«Arcimboldo», Gallerie Nazionali d'Arte Antica, Palazzo Barberini, 13, via dalle Quattre Fontane, Rome, jusqu'au 11 février. Tél. 00396 68 11 00 257, site spécial www.arcimboldoroma.it Ouvert du mardi au dimanche de 9h à 20h30, les vendredis et samedis jusqu'à 22h.

Photo (V & A Museum, Londres 2017): Le célèbre plat érotique de Francesco Urbini. Daté 1536 il est donc antérieur à la production d'Arcimboldo.

Texte intercalaire.

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