Vonkanelrobin

Robin von Känel est le cofondateur de Ricochets, une agence de communication centrée sur l'humain.

Convaincu de la nécessité d'humaniser le marketing, il s'intéresse particulièrement au concept de marque personnelle et à l'intégration des collaborateurs dans les communications des organisations. Cela l'a naturellement poussé à se passionner pour les stratégies de communication sur les médias sociaux.

Robin partage régulièrement sa vision au cours de formations dans divers organismes tels que MassChallenge et HEC Lausanne.

Retrouvez-le également sur LinkedIn et le blog de Ricochets.

Réseauter en temps de crise? Les recommandations de Suzanne Hraba-Renevey

Jamais le monde business n'a été aussi morcelé que pendant cette pandémie. Chacun chez soi et les microbes seront bien gardés ! Pourtant, c'est en collaborant que nous nous sortirons de la crise. La problématique est posée: comment continuer à nous rencontrer quand le présentiel n'est plus une option ?

“Seul, on va plus vite. Ensemble on va plus loin.”

Cette citation est particulièrement vraie en Suisse romande où le réseau est le principal actif que l’on crée au cours de sa carrière. Je ne pouvais donc pas décemment écrire sur la communication personnelle sans aborder la thématique du réseautage.

Pour cela, qui de mieux placé que Suzanne Hraba-Renevey, fondatrice de swissnex Singapore et co-fondatrice de BusinessIn, deux plateformes d’échange et de connexion ?

Scientifique de formation, Suzanne nous partage ses conseils de réseautage, une discipline qu’elle aborde comme un art subtil et codifié.

Robin von Känel : Votre mission est d’apporter l’innovation digitale aux PME. Vous l’incarnez dans les médias et dans vos activités de tous les jours. Qu’est-ce qui vous inspire ?

Suzanne Hraba-Renevey : Je crois fondamentalement à l’intelligence collective, la force de l’échange de savoir et la puissance de la multiplication des connexions. Si l’on regarde ce qui se passe dans le monde des entreprises, les multinationales ont les moyens pour affronter la transformation digitale. Celles qui sont démunies, ce sont les PME. Ce sont elles qui ont le plus besoin de comprendre, d’être inspirées et connectées avec les acteurs de numérisation. La solution, comme dans tout grand problème, c’est de le découper en petits défis et de les attaquer un à un. C’est ce que nous proposons durant nos événements, en provoquant des rencontres pour s’informer et développer des synergies.

Vous êtes la fondatrice de swissnex Singapour, le centre de la communauté d’innovation suisse à Singapour. Comment réussir à réseauter malgré les différences culturelles ?

Il est important de comprendre comment les gens fonctionnent, de s’adapter tout en gardant sa propre culture. C’est d’ailleurs ce que nous faisons avec BusinessIn. Nous n’arrivons pas en mastodonte en essayant de forcer la digitalisation. Quand nous nous déplaçons d’un canton à l'autre, nous commençons tout d’abord par écouter les préoccupations des entrepreneurs: nous communiquons avec les chambres de commerce, les promotions économiques, les accélérateurs. Nous essayons de découvrir les besoins, les spécificités locales propres à chaque écosystème. Et ensuite il nous est possible de venir avec un propos porteur de valeur. Pour bâtir des communautés, il est nécessaire de les comprendre.

Vous avez démontré par deux fois votre capacité à vous créer un réseau d’une grande qualité. Quels sont selon vous les ingrédients d’un réseautage réussi ?

Dans la pratique, ce qui est important comme dans toute démarche, c’est d’aller au-delà de son premier frein. Quand je suis dans une session de réseautage présentielle, je m’oblige à faire deux ou trois fois le tour de la salle et d’aller vers des personnes que je ne connais pas.

Ensuite, la clé de tout réseautage réussi c’est de s’intéresser vraiment aux autres. Il faut venir avec une seule question en tête “qu’est-ce que vous faites?”. Tout le monde adore parler de soi. En général, le lien est beaucoup mieux établi si l’on parvient à réellement écouter les gens, à s’intéresser à eux.

Je crois aussi qu’il est important de rester soi-même. Ce qui fait l’unicité, c’est l’authenticité. Si l’on commence à varier selon l'interlocuteur, on ne s’en sort plus. On peut adapter un peu le langage, la gestuelle, les thématiques abordées, mais tout en restant soi-même. C’est à la fois un respect de ce que dit l’autre et un respect de soi-même.

Une fois la partie réseautage terminée, quels sont vos 3 conseils pour entretenir un réseau de qualité ?

  • Premièrement, rechercher du contenu de qualité, être à l’affût des innovations, savoir quels sont les nouveaux enjeux. C’est possible en s’instruisant dans les médias et les réseaux sociaux et en se connectant aux écosystèmes qui partagent les mêmes intérêts. J’utilise par exemple, beaucoup LinkedIn pour connecter avec des acteurs d’innovation et pour partager de l’information dans ce domaine.
  • Un bon réseau, cela s'entretient. Les gens doivent comprendre que vous êtes là pour le long terme. Entretenir son réseau c’est déjà montrer que l’on valorise la relation. Il faut garder un contact régulier, pas seulement en sollicitant, mais évidemment aussi en donnant, par exemple l’accès à du contenu pertinent ou à des connexions d’intérêt.

Ce qui est également important c’est de garder une communication cohérente, peu importe le canal. Quand on communique sur les divers réseaux sociaux le message doit être adapté dans sa forme, mais similaire dans le fond.

Le réseautage est rendu plus complexe dans le contexte de pandémie actuel. Comment selon vous continuer à réseauter dans ces conditions ?

Durant cette période difficile il est plus important que jamais de rester présent, s’informer, être pertinent. C’est un vrai défi. Je dirais qu’il faut être très actif même en virtuel, rester à l'affût des informations et événements intéressants pour les partager avec son réseau. Il y a de nombreux outils de réseautage (LinkedIn reste une valeur sûre dans le monde professionnel), de gestion de projets comme Slack et de meetings et événements virtuels : Google Meet, Zoom, Brella, Hopin ou remo.Pour une meilleure expérience utilisateur ce sera sûrement la réalité augmentée/virtuelle qui sera la prochaine étape.

Comme il y a saturation de l'information, il est très important de venir avec une forte valeur ajoutée, des propos pertinents, une information clé. Il faut s’investir, avoir un impact, mais également le communiquer. Notre réseau doit savoir que l’on est actif. Mais c’est un jeu subtil car il requiert de l’empathie: il n’y a rien de pire que de ne parler que de soi en période de crise. Et l’investissement peut s’avérer bénéfique: je fais par exemple du mentoring bénévole, ce qui m'a ouvert de nouveaux réseaux qui débouchent sur des collaborations.

Vous l’avez relevé, beaucoup se lancent dans l’organisation d’événements virtuels. Quels sont vos conseils pour réussir son événement ?

Les éléments qui sont importants dans le virtuel sont les mêmes que dans le présentiel: partager de l’information intéressante, encourager les interactions, et la prise d’initiative. Ils demandent cependant de nouvelles compétences, et pas seulement techniques. Les débats sont par exemple un défi: souvent les gens sont plus timides en ligne et ne se dévoilent pas. Le format chat fonctionne bien, mais doit être modéré, encouragé, relancé.

La dimension du réseautage reste le parent pauvre. Lors d’un événement, cet aspect est très intéressant, parfois même plus que la thématique abordée. C’est très difficile à reproduire en virtuel. Dans le réseautage, il y a tout un aspect de hasard, de développement organique, qui est absent du virtuel. Dans nos événements, nous essayons de le reproduire en cassant la glace en répartissant au hasard les gens en breakout rooms. Mais il y a de nombreux éléments, dans le langage corporel par exemple, que l’on n’arrive pas forcément à expliquer mais qui influencent positivement les discussions. Souvent, le hasard fait bien les choses et on se retrouve à discuter avec les bonnes personnes, avec qui on va développer de solides collaborations.

À retenir

Que votre objectif soit d’être promu au sein de votre organisation, de trouver des clients ou de recruter les meilleurs talents, il vous sera difficile d’y arriver seul. Il vous faut un réseau ou comme on le dit aujourd’hui dans le jargon de la communication : une communauté.

Mais où commencer ?

-> La réponse de Suzanne : être actif, visible, tout en restant pertinent pour ne pas devenir un bruit de fond.

Ces excellents conseils peuvent cependant paraître effrayants car très nombreux. Je vous suggère donc de procéder comme vous le feriez pour un entraînement sportif ou un régime : avec méthode !

La première étape est de vous définir un plan d’action : Quels sont vos objectifs SMART ? Qui doit savoir que vous existez pour les atteindre ? Où se trouvent ces personnes ? Comment attirer leur attention ?

Les réponses à ces questions vous permettront de créer une routine simple, réaliste et atteignable afin de développer votre communauté malgré la crise.

Finalement, on n’améliore que ce que l’on mesure. Il est donc primordial que vous mettiez en place des indicateurs afin de mesurer la performance de vos actions. Il vous sera ainsi par exemple utile de mesurer la croissance de votre réseau LinkedIn et son engagement (réactions sur vos publications, visites sur votre profil, messages privés, etc).

Si vous voulez en apprendre plus sur la communication digitale, vous pouvez également lire mes autres articles.

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