Vonkanelrobin

Robin von Känel est le cofondateur de Ricochets, une agence de communication centrée sur l'humain.

Convaincu de la nécessité d'humaniser le marketing, il s'intéresse particulièrement au concept de marque personnelle et à l'intégration des collaborateurs dans les communications des organisations. Cela l'a naturellement poussé à se passionner pour les stratégies de communication sur les médias sociaux.

Robin partage régulièrement sa vision au cours de formations dans divers organismes tels que MassChallenge et HEC Lausanne.

Retrouvez-le également sur LinkedIn et le blog de Ricochets.

Comment propulser vos projets ? Les conseils de Raphaël Domjan

La réussite d’un projet dépend souvent de la capacité de ses porteurs à créer de l’engagement. Pour cela, une stratégie rigoureuse est nécessaire.

Le premier tour du monde à l’énergie solaire, c’est sur la mer qu’il s’est réalisé. En 2010, Raphaël Domjan prend la barre du MS Tûranor PlanetSolar pour se lancer dans un périple qui s’achève le 4 mai 2012, après 585 jours de navigation! Raphaël conclut ainsi le premier tour du monde propulsé à 100% par l’énergie photovoltaïque.

Loin de s’en satisfaire, Raphaël poursuit toujours le même objectif: démontrer le potentiel des énergies renouvelables. Son nouveau défi? Réaliser le rêve d’Icare en allant dans la stratosphère sans énergie fossile. Cette mission, nommée SolarStratos, aboutira d’ici un an, en 2020.

J’ai eu l’immense plaisir de rencontrer cet éco-aventurier aguerri et j’aimerais vous partager quelques-uns de ses conseils.

Comment êtes-vous devenu l’ambassadeur du projet PlanetSolar ?

Raphaël Domjan : J’avais pu observer que dans tous les grands projets qui fonctionnent et qui ont de la visibilité, il y a toujours une personne qui est mise de l’avant. Si vous prenez l’équipe Cousteau: c’est l’équipe de Monsieur Cousteau. On ne connaît pas ceux qui sont derrière. Le premier homme sur la Lune, c’est Neil Armstrong. C’est lui que tout le monde connaît, même s’il y avait 400’000 personnes derrière. Elon Musk fait des choses incroyables, mais ce n’est pas lui qui construit les fusées et ce n’est pas lui qui crée les voitures. J’ai toujours pensé que c’était important en termes de stratégie d’avoir une personne mise en avant. C’est nécessaire pour trouver le financement mais aussi pour avoir de l’impact auprès du public.

Raphaël Domjan
© Zeppelin / SolarStratos

Vous apparaissez dans les médias comme quelqu’un d'extrêmement sympathique, optimiste, plein d’énergie. Comment avez-vous réussi à vous façonner cette image ?

Tout d'abord je suis vraiment comme cela, alors c’est assez naturel. Ensuite, avec les médias, il faut vraiment essayer de rester modeste, garder le même profil et ne pas raconter n’importe quoi. Avoir une personnalité c’est important, mais il faut savoir rester dans son rôle.

On dit que quand quelqu’un ne part de rien les médias vont d’abord difficilement lui faire confiance, après ils vont l’encenser et finalement ils vont l'achever. Il y a quelques exceptions comme Roger Federer, mais sinon on retrouve toujours ce schéma. Ma stratégie c’est de rester modeste, ne pas juger, ne pas jouer au professeur. Cela fait partie de mes valeurs.

Il faut aussi apprendre à avoir du charisme. Je représente quand même un projet et cela demande de faire attention à son image. J’ai d’ailleurs déposé la marque Raphaël Domjan. Le but c’est de rendre ma marque la plus forte possible pour soutenir SolarStratos.

Selon vous, quelles sont les qualités qu’un investisseur doit retrouver chez un entrepreneur pour avoir confiance en son projet ?

Il faut d’abord être dans une démarche sincère. C’est le plus important. Un sponsor va tout d’abord vous faire confiance à vous, c’est pour cela qu’il faut être authentique. Si vous vous comportez comme un vendeur de tapis, vous n'avez aucune chance. Ensuite il faut savoir faire rêver la personne que vous avez en face de vous et en même temps l’embarquer dans votre rêve. C’est une décision humaine, une question de feeling. Une fois que vous avez gagné sa confiance et que vous lui avez montré que c’est un projet incroyable, il faut finalement lui faire comprendre l’intérêt économique pour son entreprise. Il faut l’écouter, savoir comprendre ce qu’il recherche.

SolarStratos
© Creatorz Deitz

Vous et votre équipe avez beaucoup utilisé les médias sociaux pour communiquer au sujet de votre tour du monde. Comment est-ce que vos propres médias sociaux sont mis à contribution ?

C’est très intuitif. J’essaie de faire au moins un post par semaine. J’essaie de faire en sorte que les gens puissent me suivre dans ce qui ne se voit pas autrement. Le but ce n’est pas d’avoir sur Facebook et LinkedIn les mêmes informations que celles présentes dans les médias ou sur notre site web. L’idée est toujours d'amener quelque chose de différent, pour que les gens aient l’impression qu’ils sont proches de nous et qu’ils font partie de l’aventure. Ce qui marche, ce n’est pas forcément du contenu exclusif, mais du contenu très authentique.

D’après mon expérience, les images sont très importantes. Sur les médias sociaux il faut mettre beaucoup de contenu visuel. Il faut être rapide et spontané. Il faut aussi du contenu intéressant, mais que ce soit toujours un peu décalé. Ce qui marche bien pour nous c’est de trouver des moyens dérivés d’amener l’information.

Un dernier conseil ?

On m’avait donné ce conseil quand j’étais à la recherche de sponsors pour PlanetSolar : Il ne faut négliger aucune piste !

Le 24 décembre 2006, peu après que l’on ait officiellement lancé PlanetSolar. Nous n'avions toujours pas d’argent pour construire le bateau et il nous fallait au moins 10 millions. Un monsieur m’appelle le matin de Noël. Il me donne son nom. Totalement inconnu sur internet. Il n’existait pas. Nous nous donnons rendez-vous au McDonald’s. Nous nous retrouvons et je lui propose de manger un morceau. Je nous prends un happy meal, un truc pas trop cher. Nous discutons, il me pose des questions et je me dis que cela ne sert strictement à rien. Mais j’y suis quand même allé avec passion. J’ai été honnête. J’ai essayé.

Il se trouve que c’était le bras droit de l’industriel allemand passionné d’énergie solaire qui a financé le bateau. Son patron lui avait dit “Tu vas voir Raphaël avant la fin de l’année” et il était à la der des ders. Alors il a fait Darmstadt-Yverdon pour manger un happy meal. Quand j’ai su cela, je me suis dit que j’avais fait une sacrée boulette. En même temps, je suis resté authentique et je lui ai parlé avec passion. C’est cela qui a fait la réussite du projet. Si vous voulez faire quelque chose qui est plus grand que ce que vous pouvez réaliser, il ne faut jamais négliger une piste.

À retenir :

La réussite d’un projet dépend souvent de la capacité de ses porteurs à créer de l’engagement. En effet, difficile d’avoir un impact sans lever des fonds, attirer des partenaires ou encore communiquer les succès.

Raphaël Domjan a très rapidement compris que son image était la clé pour créer cet engagement. En bon communiquant, il a su en tirer parti et a créé une véritable stratégie de communication autour de sa mission. Cette démarche, très réfléchie et centrée sur lui, ne sonne cependant pas égoïste, tout simplement car il reste sincère et fidèle à sa cause.

Raphaël cite Cousteau, Musk et Federer, mais la marque personnelle est un outil qui n’est pas réservé à une élite. Libre à vous de le mettre à contribution, quel que soit votre objectif : trouver des clients, obtenir une promotion ou simplement chercher des partenaires avec qui vous lancer dans des projets qui vous tiennent à cœur.

Pour cela, je vous propose de débuter tout simplement par imiter Raphaël en partageant votre passion de façon rigoureuse, mais authentique.

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