Vonkanelrobin

Robin von Känel est le cofondateur de Ricochets, une agence de communication centrée sur l'humain.

Convaincu de la nécessité d'humaniser le marketing, il s'intéresse particulièrement au concept de marque personnelle et à l'intégration des collaborateurs dans les communications des organisations. Cela l'a naturellement poussé à se passionner pour les stratégies de communication sur les médias sociaux.

Robin partage régulièrement sa vision au cours de formations dans divers organismes tels que MassChallenge et HEC Lausanne.

Retrouvez-le également sur LinkedIn et le blog de Ricochets.

Aline Isoz : Les conseils d’une virtuose de la communication digitale

Avec l’avènement des médias sociaux, la communication digitale est devenue un phénomène qui nous touche tous. Pourquoi ne pas le mettre à profit ?

La digitalisation est aujourd’hui sur toutes les lèvres. Le sujet ne date pourtant pas d’hier et les plus visionnaires d’entre nous s’y intéressent déjà depuis quelques années. Une personne en particuliers a su s’imposer comme la référence en la matière : Aline Isoz.

Après un début de carrière dans la communication, Aline décide de suivre son instinct en se mettant à son compte. C’est en 2010 qu’elle crée Blackswan, une des premières agences de conseil sur la transformation digitale.

Sa mission : “Réduire la fracture numérique afin que personne ne soit laissé pour compte”

Pour la mener à bien, elle s’engage sur tous les fronts : exploration du rôle de l’Etat dans la transformation digitale avec eGov, rédaction d’articles pour Bilan, tenue d’un blog “femmes digitales” pour Le Temps et création d’une seconde entreprise de conseil nommée alineisoz.ch.

Naturellement, j’ai eu envie de rencontrer celle qui a su devenir la figure de proue de la digitalisation en Suisse pour décortiquer avec elle la recette de son succès.

Voici pour vous ses conseils !

Aline Isoz
© Pierre-Yves Massot

Vous avez du succès dans un secteur très compétitif. Pourquoi avoir choisi la digitalisation ?


Aline Isoz : Je me suis rendu compte qu’il y avait un truc qui bruissait et qui s’appelait Digital Transformation. J’ai fait quelques recherches sur Google Trends en Suisse et j’ai vu qu’il n’y avait rien. J’ai fait des recherches sur LinkedIn et il n’y avait personne. Comme j’adore les zones blanches je me suis dit qu’il y avait une zone à occuper alors j’ai planté mon drapeau et je suis devenue “Madame Digitalisation” en Suisse romande.

Votre marque personnelle est très maîtrisée. Est-ce réfléchi ?

J’ai envie de dire oui et non. J’ai un background de communication marketing et relations publiques. J’ai travaillé pendant cinq ou six ans dans des agences de communication, au service de clients ou comme indépendante. C’est devenu un processus interne, une façon de réfléchir, une hygiène personnelle. J’ai l’impression que c’est intuitif, mais dans les faits cela ne l’est pas. Je me pose des questions en relation avec le métier que j’ai appris : audience? message? contenu? cible? positionnement?

Comment devenir l’expert n°1 de son domaine en suisse?

L’authenticité est très importante. Travailler comme cela demande un grand engagement, de la constance, de la régularité. Si vous n’êtes pas sincère dans la démarche, vous ne tiendrez jamais dans la durée. La cause qu’on choisit, il faut la porter viscéralement, c'est ce qui donne la force. Il faut être au clair avec la raison qui vous pousse à faire cela, l’argent n’en étant pas une.

Ensuite, on doit une forme de reconnaissance et de relation non-univoque à sa communauté. L’effet pervers du succès c’est qu’il vous oblige à garder du temps pour les gens qui en sont à l’origine. On ne peut pas juste pomper une audience sans jamais rien lui rendre. La communication ce n’est pas seulement un post sur LinkedIn avec 15’000 likes. Il y a tout ce travail de bûcheron à l’arrière pour respecter sa communauté.

Il faut finalement être conscient de ce que cela implique de créer une marque personnelle. C’est pas juste funky pour s’installer sur un marché. Ce n’est jamais acquis. Vous êtes à la merci de n’importe quel faux pas. Plus vous êtes visibles, plus vos incohérences vont être pointées.

Aline Isoz en conférence
© Aline Isoz

Vous êtes active sur tous les médias sociaux, avec une communication spécifique à chacun. Comment choisir le média le plus adapté à une publication?

Mon réflexe en tant que communicante, c’est de dire que ce n’est pas l'audience qui s’adapte à toi, mais toi qui dois t’adapter à ton audience. À partir du moment où j’ai une certain audience sur Facebook qui n’est pas la même que sur LinkedIn, je vais adapter le message. Comme je n’ai pas les mêmes personnes sur Linkedin, Facebook, Twitter ou Instagram, je vais amener à chacun ce que je pense qui a le plus de sens pour lui.

Quels sont vos 3 conseils pour avoir une communication en ligne efficace?

Premièrement, ne pas forcément subir ce qui se passe dans notre écosystème et d’aller chercher l’information ailleurs. Il s’agit d’éviter l’effet bulle, de partager ce qui se partage déjà. Il faut faire de la veille pour chercher de l’information extérieure à ses réseaux.

Le deuxième conseil est tout simple: lire. Il faut vraiment lire l’entier d’un contenu avant de le partager ou le faire passer plus loin. C’est une question de crédibilité. Réagir à un contenu c’est comme mettre son stempel “lu et approuvé”.

Sinon il n’y a pas vraiment de règle en matière de forme. Il y a des choses qu’on peut partager telles quelles et d’autres qui nécessitent une explication ou mise en contexte. Là où j’ai de la peine c’est quand des gens ne partagent jamais rien qui vienne de tiers, ne likent jamais rien qui vienne de tiers, qui s’auto-like ou repartagent quinze fois leur propre contenu. C’est très important de jouer le jeu, de partager avec la communauté, de lui amener de la valeur ajoutée.

Il y a également un besoin de cohérence. Si on suit ma ligne, il peut y avoir des articles qui parlent de sujets divers. Mais la majorité, le 80% va traiter de mon sujet de prédilection qu’est la transformation digitale. Si je mets un article différent, j’explique pourquoi je le partage.

Aline Isoz
© Aline Isoz

À retenir :

Aline Isoz a su repérer rapidement un nouveau secteur tendance et se positionner dessus. Sans pour autant renier son parcours ou faire des compromis au niveau de son authenticité. Une réflexion rigoureuse autour de sa marque personnelle lui a permis de définir le positionnement optimal pour atteindre ses objectifs.

Fine plume, Aline Isoz a de la facilité à produire du contenu. Mais cela ne suffit pas à expliquer son succès. Ses communications s’ancrent dans une solide réflexion au sujet de ses audiences. En effet, un discours implique un auditoire. Comprendre qui il est, ce qu’il aime et où le trouver est primordial afin de lui délivrer un message personnalisé et porteur de valeur. 

Dans une communication il y a un émetteur, mais surtout un récepteur. Pour paraphraser Kennedy : Ne vous demandez pas ce que vos audiences peuvent faire pour vous, mais demandez-vous ce que vous pouvez faire pour vos audiences !



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