Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

REVUE/L'édition 2016 de "Genava" est sortie, mais sur le site du MAH

Crédits: Musée d'art et d'histoire, Genève 2018

Je ne l'aurais jamais su si l'une des auteurs ne me l'avait pas signalé. Tout a été fait pour enterrer le Tome 64 de «Genava», la revue annuelle des Musées d'art et d'histoire. Si vous voulez y accéder, il faut du reste que je vous donne la posologie, comme pour certains médicaments. Vous entrez sur le site du MAH. Vous tapez sur «Collections et publication». Sur la droite de l'écran vous apparaîtront très discrètement trois liens. Il y a le «Réseau MAH» et l'«Esprit de collectionneurs». Ce n'est évidemment pas ici. Il vous faut saisir le troisième, écrit en tout petits caractères. Vous brûlez. Un petit coup de souris sur la couverture. Vous y êtes. Il ne reste plus qu'à vous tapez les 190 pages conçues par un maquettiste n'ayant jamais pensé aux écrans. C'est à croire que l'actuel volume de «Genava» (qui concerne 2016 et non pas 2017, ne rêvons pas) a été subventionné par les oculistes et les opticiens.

Le contenu de cette première édition virtuelle ressemble à celui des précédentes. Il s'agissait juste de faire mieux, comme d'habitude. Nous avons renoncé au papier «afin d'offrir une plus grande diffusion aux études et aux recherches des équipes scientifiques et techniques», déclare l’ineffable directeur Jean-Yves Marin dans son éditorial. Je me pince. Le taux de lecture risque de frôler le zéro, et c'est bien là le but. L'annuaire doit disparaître. Notons que là rien n'est encore joué. Un courriel me rappelait récemment que la motion déposée au Municipal pour la sauvegarde de la revue devait encore être discutée. Lancée en 2017, elle n'a toujours pas fait l'objet d'un débat, la chose ayant été ajournée à plusieurs reprises. Je veux bien admettre qu'il ne s'agisse pas là d'une priorité absolue.

Les 30 ans de Tavel 

Qu'y a-t-il donc dans cette édition? Des sujets aussi divers que la «Toile de Sion», qui remonte au XIVe siècle et dont le MAH possède un petit bout. Du portrait de Berthe Hodler par Alice Bailly. Des 30 ans de la Maison Tavel. Du peintre genevois Horace de Saussure (1859-1926). De la vie du collectionneur Max Meirowski, qui émigra en Suisse d'Allemagne via la Hollande en 1939. L'homme avait déposé entre 1950 et 1952 des tableaux impressionnistes très importants au MAH qu'il a retiré pour vente en 1952. Nous sommes donc là dans l'historique pur. Brigitte Monti parle d'ICOM et d'éthique, le MAH étant apparemment autorisé à faire de la morale. Le rapport d'activité suit, avec des chiffres. Ceux-ci sont bien sûr bons. On verra ce qu'il en sera en 2019, si jamais la version 2017, rédigée par nombre de gens du MAH, voit une fois le jour.

Photo (Musée d'art et d'histoire): Fragment d'un autoportrait de jeunesse d'Horace de Saussure.

Texte intercalaire.

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