Langlo Jan

DIRECTEUR DE L'ASSOCIATION DE BANQUES PRIVÉES SUISSES

Jan Langlo est titulaire d’un brevet d’avocat au barreau de Genève et d’un diplôme d’expert fiscal. Il a débuté sa carrière de fiscaliste auprès de Lenz & Staehelin, puis au sein de l’étude Oberson & Associés avant de rejoindre le Groupe Pictet en 2007 en tant que conseiller juridique et fiscal. Au bénéfice d’une grande expérience dans le domaine fiscal, Jan Langlo a rejoint l’Association de Banques Privées Suisses en janvier 2014 en qualité de Directeur adjoint. Depuis le 1er juillet 2015, il occupe le poste de directeur de l’ABPS, où il oeuvre à la défense politique des intérêts des banques actives dans le domaine de la gestion de fortune. Il exerce en parallèle le mandat de Secrétaire général de l’Association des Banquiers Privés Suisses. Jan Langlo siège au sein de diverses commissions et groupes de travail de l’Association suisse des banquiers.

Restons terre à terre !

Vous avez sans doute déjà beaucoup lu à propos des deux initiatives alimentaires sur lesquelles nous allons voter le 23 septembre. Qui n’aime pas des aliments produits sans chimie, sans souffrance pour les animaux, et si possible à moins de 10 kilomètres ? Personne. Mais le souci est que ces beaux préceptes renchérissent le prix des aliments, et que comme me l’indique mon relevé Cumulus, les Suisses n’achètent en moyenne que 20% de produits « bio ». Il faut croire que souvent, l’aspect d’un fruit ou d’un légume, et surtout son prix, est plus important que la façon dont il a été traité… surtout quand la pluie ou le vent disperse les pesticides d’un champ à l’autre.

Un autre facteur à ne pas négliger est que l’agriculture suisse ne produit que 50% à 60% de ce que nous mangeons et il faut bien importer le reste. Avec les initiatives proposées, certains rayons des supermarchés risquent de rester vides faute de pouvoir importer des produits étrangers, qui ne respectent pas les standards suisses. L’éthique rend étique ! Sans compter la bureaucratie qu’il faudra mettre en place pour aller vérifier les conditions de production à l’étranger… joli bilan carbone.

Au final, les deux initiatives voudraient que nous ne consommions que des aliments produits en Suisse. Cet objectif est bien sûr louable, et il est plus écologique d’acheter des kiwis qui ont poussé à Allaman (VD) plutôt qu’en Nouvelle-Zélande. Mais a-t-on besoin de l’inscrire dans la Constitution fédérale ? Chacun, en fonction de ses moyens, fait déjà plus attention au contenu de ses aliments, à leur origine, et cela sans intervention de l’Etat. Veut-on forcer tout le monde à payer plus cher sa nourriture ?

Bien sûr, les paysans suisses doivent pouvoir écouler leur production et je trouve important de maintenir une agriculture diversifiée et prospère en Suisse. Mais est-ce que des contrôles de production, des droits de douane et une économie planifiée sont vraiment les meilleurs moyens pour y parvenir ? Cela paraît déconnecté de la réalité quand le tourisme d’achat ne cesse de progresser.

Le nombre d’exploitations agricoles diminue chaque année, comme celui des banques, mais leur surface croît, comme les bilans ou les actifs sous gestion. Il faut grandir ou se spécialiser, s’adapter à ce que veulent les clients ou les consommateurs et à ce qu’ils sont prêts à payer. Et lutter contre l’envol du nombre de règles à suivre, et dont le respect exige toujours plus de paperasse. Mais alors que les paysans suisses ont le droit d’exporter leurs produits, et craignent la concurrence étrangère, c’est l’inverse pour les établissements bancaires !

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