Nicolas Dousse

DOCTORANT EN MICROTECHNIQUE À L'EPFL

Nicolas Dousse est actuellement en Doctorat à l'EPFL dans la section de Microtechnique. Il travaille sur des techniques d'évitement de collisions pour des véhicules personnels aériens (des hélicoptères automatisés avec passagers). Il est actif au sein du Laboratoire des systèmes intelligents. Nicolas est également membre de l'association Drone Adventures qui tend à promouvoir l'usage civile des drones.

Auparavant, il a effectué un Master en Aéronautique à Toulouse à l'ISAE, l'Institut Supérieure de l'Aéronautique et de l'Espace, où il a pu profiter d'un enseignement mixte, entre des professeurs et des ingénieurs d'Airbus, lui donnant un sens plus pratique de l'ingénierie aéronautique.

Nicolas est titulaire d'une licence de pilote d'avion privé avec environ 140 heures de vol à son actif. Il pratique également le parachutisme ayant environ 70 sauts à son actif.

Red Bull Air Race: le retour!

Après 4 ans de pause, ce week-end reprend le championnat du monde de Red Bull Air Race à Abu Dhabi.

Autant vous dire que j’ai de la peine à cacher mon excitation !

Le but de ses courses est de slalomer le plus rapidement possible entre des manches à air fixées au sol (ou sur l'eau), mesurant environ 20 mètres de haut et espacées de 10 à 15 mètres. Les pilotes utilisent des avions de voltige capables de voler à des vitesses de pointe de plus de 400 km/h. Les pilotes parcourent plusieurs fois le slalom dans une même manche, entre deux slaloms, ils doivent faire demi-tour le plus rapidement possible, autrement dit, en tirant sur le manche au maximum des capacités de l’avion (ou du pilote).

Les manches à air doivent être passées soit avec une inclinaison de 90° (donc à la verticale), soit avec une inclinaison de 0° (soit à l’horizontale). Si le pilote ne respecte pas ses inclinaisons, il reçoit une pénalité de 2 secondes. L’avion ne doit jamais dépasser une hauteur de 500 pieds du sol (environ 250 mètres) sous peine d’une pénalité de 2 secondes également. Si un pilote touche une manche à air, il reçoit une pénalité de 6 secondes. Il est également interdit de dépasser les 370 km/h ou de subir une accélération de plus de 12g sous peine de disqualification (et cela s’est déjà produit).

En comparaison

Pour se rendre compte de se que veulent dire ses chiffres, prenons quelques points de comparaisons.

Lorsque j’ai passé mon examen de pilote privé, il m’a été demandé de garder une altitude donnée sans dépasser plus ou moins 150 pieds (environ 75 mètres) de variation, soit plus de trois fois (!) la hauteur des manches à air. Et en-dessous, ces pilotes ont le sol ! Je pourrai rajouter que ma vitesse de croisière était "seulement" de 180km/h.

Les exigences pour le maintien d'altitude pour un pilote "commerical" (c'est-à-dire pilotant de petit avion contre rénumération) descendent jusqu'à 50 pieds (donc 25mètres) à des vitesses équivalentes au pilote privé. Le pilote doit rester dans ses exigences en croisière et lors de maneuvre avec faible inclinaison. C'est incomparable aux 90° d'inclinaison et 370km/h de vitesse maximale! 

 En ce qui concerne les vols de voltige, la limite est une alitude minimale en-dessous de laquelle il est interdit de descendre. Pour les vols de "base" et avec passagers, cette limite est de 500m. Il est possible de faire une demande "Basse Hauteur" pour les pilotes plus expérimentés qui descend la limite à 200m. Pour descendre en dessous, il faut une autre extension (ainsi que beaucoup d'expérience!). 

Les G-force

Une accélération de 7g veut dire que son propre poids est ressenti comme 7 fois son poids habituel. Autrement dit, c’est comme si quelqu’un faisant 7 fois son poids nous écrasait dans notre siège. Le cœur a ainsi plus de peine à envoyer le sang vers le cerveau, provoquant d’une baisse de la vue à un étourdissement total. Pour exemple, un pilote de jet militaire prend régulièrement 7-8g. 

Dans un vol de voltige « standard », vous pouvez ressentir jusqu’à 5-6g au maximum. Cela montre à quel point ces pilotes sont de vrais athlètes de haut niveau capable de supporter des contraintes énormes.

Des pilotes et des lieux d'exceptions

Avec ses contraintes, autant dire que ces courses ne regroupent que la crème de la crème des pilotes après une sévère sélection (et un entraînement rigoureux) et se déroulent dans des endroits mythiques et splendides tels que Rio de Janeiro, New York, Monument Valley en Utah, Las Vegas, la Tamise de Londres ou même, plus près de chez nous à Interlaken (en 2007)!

Quant à lui, le championnat 2014 compendra 8 courses, se déroulant de Abu Dhabi à Las Vegas en passant par la Chine, la Croatie et la Pologne entre autre. 

En plus de prestations de pilotage hors normes, il est possible de voir ces environnements sous de multiples angles donnant une dimension supplémentaire à ces événements.

La coursee peut être visionnées en ligne avec un commentaire en anglais. Je sais pas vous, mais moi je me réjouis!

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