Strobinofabrice

ANALYSTE CHEZ ANALYSES & DÉVELOPPEMENTS IMMOBILIERS

Diplômé de l'Institut d'études immobilières (IEI), Fabrice Strobino est architecte universitaire et chef de projets immobiliers chez Analyses & Développements Immobiliers depuis 2003. Il a en outre suivi le cursus de l'AZEK pour les gérants de fortune. Fort d'une expérience de plus de 4000 expertises pour de grandes banques, il est membre de l'Association des promoteurs et constructeurs genevois (APGC) et membre de la Chambre suisse des experts immobiliers (CEI).

Quo vadis? De l'absence de vision urbanistique

Une société sans vision pour son futur meurt! La nôtre n’est pas très en grande forme, reconnaissons-le. Les grands projets sont tous dans un tiroir et ne risquent pas d’en sortir avant les calendes grecques. En visite dans un pays en pleine effervescence, j’ai demandé à notre guide comment la nation en était arrivée là. La réponse fut immédiate et simple. Elle se projette dans le futur.

Une marina est née en moins de 5 ans, avec suffisamment de places d’amarrage pour tous. Cela fait rêver tout autour du lac Léman, alors que nous nous envasons dans des recours stériles qui mettent en jeu un port et une plage publique sur la rive du gauche de Genève et qu’un musée a été refusé à Lausanne. Celui d’Art et d’Histoire de Genève essuie le feu de la critique de quelques bien-pensants.

Dans le même laps de temps, un métro aérien a vu le jour. Nous poursuivons la création d’une liaison ferroviaire imaginée au début du siècle passé. Les tours de Praille-Acacias-Vernets (PAV) resteront un vœu pieux pour longtemps et nous avons baissé les bras faute d’idées pour l’aménagement de la pointe de la Jonction.

Nous devons réellement nous demander quel grand projet de vie nous voulons laisser à nos enfants. Pour l’instant, c’est le désastre ("absence d’astres" en psychanalyse). La situation que nous connaissons se reflète dans nos réalisations diverses, qu’elles soient urbanistiques ou immobilières. Une tour dans le quartier des Grottes mesurera, avec un peu de chance, 8 étages. Moi, j’appelle cela un immeuble. On s’arrange et on trouve un compromis de peur que…

En 1998 déjà, Peter Bernstein a démontré que notre société est passé d’un mode entrepreneurial à celui de gestionnaire. Pour construire, c’est un vrai parcours du combattant. La Cour des Comptes a bien mis ceci en évidence.

Nous construisons des logements, des crèches et des EMS parce qu’il en manque, et nous fermons certains tronçons de route pour créer une « vie de quartier ». Mais les grandes questions de modèles sociaux et urbanistiques telles qu’elles ont été soulevées dans le modèle de Guise au siècle des Lumières fait défaut.

Compte tenu des défis déjà présents comme ceux d’une population vieillissante, de la sécurité qui continue de se dégrader, des ressources naturelles qui ne sont pas infinies, ne devrions-nous pas débattre des grandes idées au lieu de nous comporter comme des gestionnaires ?! Malheureusement, les gens influents et visionnaires font défaut.

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