Aline Isoz

CONSULTANTE EN TRANSFORMATION DIGITALE

Aline Isoz officie en tant qu’experte en transformation numérique auprès des entreprises et institutions romandes et est notamment membre du comité du Cercle suisse des administratrices, experte Vigiswiss (association suisse des data centers) et de conseils consultatifs. Depuis la création de son entreprise Blackswan en 2010, elle intervient régulièrement dans le cadre de conférences ou d’ateliers thématiques auprès de décideurs, d’administrateurs de société et commente également les enjeux liés au numérique dans les médias en tant que consultante, et en tant que chroniqueuse pour le magazine Bilan et le quotidien Le Temps. En 2015, elle a lancé alineisoz.ch, une initiative de coaching et d’accompagnement digital pour les PME romandes.

Parallèlement à ses activités professionnelles, Aline Isoz a mis sur pied une délégation suisse de femmes actives dans le numérique invitée à la Journée de la femme digitale à Paris

Quid novi ?*

La voici, la voilà, la première chronique de cette nouvelle année 2014. Forcément, elle est, comme chaque nouvelle année, sous le signe du changement : preuve en est ce jour de publication totalement perturbant, le jeudi. Eh oui, ma célèbre et tant attendue « chronique du mardi » devient la « chronique du jeudi ». Du moins pour cette semaine…

Pour ceux qui auraient raté l’épisode précédent – il date quand même de l’année dernière – j’ai quitté la blogoscène avec un article sur les dangers du multitasking et l’une de ses conséquences possibles : le burnout. Je suis fière de vous annoncer que j’ai tenu 17 jours, 6 heures et 23 minutes sans travailler. En addict invétérée, j’ai quand même eu besoin de quelques shoots de réseaux sociaux pour tenir le coup, tant mon habitude à l’exercice du farniente s’est avérée inexistante. Mais je n’ai pas lu de livres intelligents, pas suivis les dernières actus de mon domaine d’expertise, pas prospecté, pas fait d’administration, pas répondu à mes mails pro.

Pour vous dire, je n’ai même pas pris de bonnes résolutions, ça me stressait trop de prendre quelque engagement que ce soit avec moi-même me sachant enfin en mode « relax, take it easy ». Il aurait été dommage de gâcher ce bel élan en me manquant de respect. Bon, l’inconvénient de cette pause hivernale, c’est qu’elle m’a permis de prendre du recul. Il faudrait éviter de prendre du recul, ça met en perspective l’importance que l’on accorde aux choses et leur apparente nécessité à notre bien-être.

Car j’ai un peu menti : j’ai quand même appris, "à l’insu de mon plein gré", qu’on avait surestimé la durée de vie de notre bon vieux soleil : au lieu des 5 milliards d’années promises jusqu’ici, il ne lui en resterait plus que 2 et quelques poussières. Autant vous dire que cela a considérablement modifié mon approche du monde : puisqu’il reste si peu à vivre, finalement, à quoi bon le perdre en vains statuts sur les derniers réseaux à la mode ? A quoi bon m’imposer à moi-même un jour fixe de publication de chronique ? A quoi bon courir après mon fil d’actualité, l’index tendu vers un Gruzz (le Graal du buzz) qui n’arrive jamais ou à tout le monde en même temps ? A quoi bon vouloir posséder le dernier objet connecté en vogue  ou me préoccuper de savoir qui, des chouettes ou des drones, finira par me livrer le prochain prix Goncourt ? On nous a volé 2 milliards d’années de vie, de progrès, de nouveautés, et on voudrait que nous fassions comme si tout était normal ?

Vous, je ne sais pas. En ce qui me concerne, ma prise de recul doublée de la terrifiante découverte de mon insipidité à l’échelle de l’humanité, m’ont ouvert les yeux sur ce qui compte vraiment : élever des chèvres dans le Larzac et sentir l’odeur de mon Stabilo boss jaune. Heureusement, les vacances ne durent qu’un temps, et j’ai pu reprendre le cours de mon existence virtuelle, tout en me demandant si nous verrions fleurir un jour la mention « à consommer avec modération » ou encore « peut nuire à votre santé et à votre sociabilité » sur la page d’accueil de Vine, Facebook, Twitter et consorts…

En même temps, c’est comme pour le soleil : si les mises en garde modifiaient nos comportements profonds, ça se saurait !

Bonne année à tous et comme disait le grand Michel Berger : « Débranche tout, revenons à nous ! »

 

 

 

 

 

 

*Quoi de neuf ?

Du même auteur

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info

Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."