Jacques Lemoisson Lastone

HEAD GLOBAL MACRO & ALTERNATIVE INVESTMENT CHEZ CBH BANK

Jacques Lemoisson a pris ses fonctions au sein de la Compagnie Bancaire Helvétique depuis septembre 2018. Il a acquis une expérience internationale sur les marchés des actions auprès de la banque d’investissement JP Morgan à Londres et Paris, puis une expertise dans la banque privée et la gestion d’actifs chez Lombard Odier, puis chez Banque Cramer au poste de CIO à Genève. Tout au long de sa carrière, Jacques Lemoisson a développé une expertise en géopolitique, ainsi que dans les Fintech et le Blockchain. Ce banquier est diplômé de l’ESTACA (Ecole d’Ingénieur Aéronautique).

Quantitative Easing: le couteau suisse des banquiers centraux?

Alors que les actifs en zone Euro deviennent lourds à porter pour les investisseurs internationaux (+1% pour le S&P500 YTD vs. -3% pour l'Eurostoxx50 YTD en USD), les déclarations de Schaeuble mercredi ont eu un écho particulier à mes oreilles. En effet, depuis le début de l’année, je suis dubitatif concernant l’intérêt du QE de la BCE.

Les Etats-Unis ont lancé le premier QE en 2009, non pour lutter contre la déflation ou relancer la croissance du PIB, mais avec comme son but initial fut de « reflater » certains actifs nécessaires à un redémarrage de la consommation et au sauvetage du secteur financier américain. Ce QE a parfaitement fonctionné car la hausse des actifs financiers et immobiliers (50% du QE concernait le rachat de MBS), les deux piliers du patrimoine des Américains, a sauvé le secteur financier (fonds de pension compris) et la consommation.

- La PBOC semble abdiquer sur la performance des baisses de taux pour lutter contre la déflation et favoriser la croissance du PIB; 

- malgré un QQE2, le Japon est pour la seconde fois en récession technique;

- et l’Europe est toujours dans une croissance molle sans inflation…

L’un des effets visibles du QE de la BCE fut l’augmentation du gisement des emprunts étatiques en territoire négatif ou proche de 0%. Cette action est en train de distordre les allocations d’actifs des fonds d’assurances et de pensions en Europe.

Alors que Wolfgang Schaeuble n’hésite plus à se détacher de la politique migratoire d'Angela Merkel, il a déclaré mercredi qu’il préférerait des taux d’intérêts plus hauts que ceux d’aujourd’hui. C’est un message à peine voilé contre une baisse supplémentaire du taux de dépôt avancée par Draghi… Le QE fonctionne-t-il en toute circonstance?

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