Faut-il effectuer des rachats dans son 2e pilier?

En cette période de déclaration fiscale, il est légitime de se demander s’il ne serait pas opportun de faire des rachats dans sa caisse de pension. Par André Gilliéron, GiTeC Prévoyance

A l’heure actuelle, les comptes épargne auprès des banques ne rapportent vraiment plus grand-chose. On a vite fait d’inscrire ces maigres intérêts sur la déclaration, et on se dit qu’un placement en actions serait certainement le moyen le plus performant de placer son argent sur le long terme, ce qui n’est pas évident pour un non-spécialiste. Or, gérer le patrimoine de manière diversifiée et professionnelle, c’est exactement ce que font les institutions de prévoyance pour leurs assurés.

Un rachat dans son institution de prévoyance doit être considéré comme un placement à long terme; il rapportera normalement au minimum le taux d’intérêt minimum LPP (actuellement 1,0%, ce qui est malgré tout bien supérieur à ce que proposent les banques ces dernières années). Il faut encore souligner qu’en règle générale, les caisses de pension ont crédité des intérêts largement supérieurs à ce taux d’intérêt minimum LPP (plus du double en moyenne au cours de ces cinq dernières années). Cela alors que l’inflation est quasi nulle depuis de nombreuses années.

Un tel rachat permet également d’optimiser sa fiscalité dans la mesure où la totalité du montant racheté est déductible du revenu imposable. Il est en effet très intéressant de relever que, en fonction du revenu imposable, un rachat dans son institution de prévoyance permet d’économiser jusqu’à 40% d’impôts (pour les hauts revenus imposables). Si on utilise un logiciel pour remplir sa déclaration, on peut facilement voir l’impact d’un tel versement. Par contre, en cas de retrait, que ce soit pour l’encouragement à la propriété du logement ou sous la forme d’un capital retraite, le montant ainsi retiré sera imposé à un taux qui dépendra du montant retiré, mais aussi du lieu de domicile de l’assuré (au maximum par exemple de l’ordre de 10% dans le canton de Neuchâtel et de 15% dans le canton de Vaud).

Il conviendra également de faire attention à plusieurs facteurs importants:

– Evitez de racheter des sommes d’argent dont vous pourriez avoir besoin avant la retraite et prenez en compte le fait que les rachats ne peuvent pas être perçus en capital avant un délai de trois ans;

– Vérifiez que le rachat ne risque pas d’être «à fonds perdu» en cas de décès;

– Certaines institutions de prévoyance ont un système de conversion de l’épargne accumulée en rente de retraite qui pourrait «manger» tout ou partie de l’épargne surobligatoire pour garantir le minimum LPP; diminuant ainsi l’utilité du rachat.

– Attention aussi aux caisses de pension en mauvaise situation financière dans lesquelles vous pourriez voir votre compte épargne rogné en cas de sortie prématurée.

– Si vous êtes un cadre qui prévoit un futur changement d’employeur, vous pouvez envisager de négocier avec ce dernier le financement d’un rachat dans le cadre des conditions d’engagement.

– Lorsqu’il n’y a plus de possibilité de rachat des prestations réglementaires, vous pouvez examiner la possibilité de faire un rachat en vue d’une retraite anticipée.

– Si vous êtes déçu des faibles intérêts bancaires quand vous remplissez votre déclaration d’impôt, pensez à effectuer des rachats le plus tôt possible de manière à bénéficier des intérêts relativement généreux que les institutions de prévoyance créditent sur les comptes épargne de leurs assurés… et à bénéficier ainsi de réductions d’impôts!

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