Langlo Jan

DIRECTEUR DE L'ASSOCIATION DE BANQUES PRIVÉES SUISSES

Jan Langlo est titulaire d’un brevet d’avocat au barreau de Genève et d’un diplôme d’expert fiscal. Il a débuté sa carrière de fiscaliste auprès de Lenz & Staehelin, puis au sein de l’étude Oberson & Associés avant de rejoindre le Groupe Pictet en 2007 en tant que conseiller juridique et fiscal. Au bénéfice d’une grande expérience dans le domaine fiscal, Jan Langlo a rejoint l’Association de Banques Privées Suisses en janvier 2014 en qualité de Directeur adjoint. Depuis le 1er juillet 2015, il occupe le poste de directeur de l’ABPS, où il oeuvre à la défense politique des intérêts des banques actives dans le domaine de la gestion de fortune. Il exerce en parallèle le mandat de Secrétaire général de l’Association des Banquiers Privés Suisses. Jan Langlo siège au sein de diverses commissions et groupes de travail de l’Association suisse des banquiers.

Protéger les données, mais pas trop ?

Il fait peu de doutes que les données seront l’or du XXIe siècle. Mais comment les traiter ? L’Union européenne développe nombre de réglementations, dont les buts semblent contradictoires, ou en tout cas difficilement conciliables :

  • Le règlement général sur la protection des données (RGPD pour les intimes), qui entre en vigueur le 25 mai 2018, est le plus connu. Il confère plus de droits aux clients sur leurs données personnelles (droit d’accès, droit de rectification, droit d’effacement, droit d’opposition, droit à la portabilité etc.).
  • D’autres règles découlent de la directive révisée sur les services de paiements (PSD2), en vigueur depuis le début de l’année, et qui oblige les banques à partager les données de leurs clients qui le souhaitent avec d’autres acteurs (des fintechs par exemple), pour stimuler la concurrence.
  • Et tout récemment, suite aux scandales tels que le Dieselgate, les LuxLeaks, les Panama Papers ou encore celui de Cambridge Analytica, la Commission européenne a dévoilé un projet de directive pour protéger les lanceurs d’alerte contre des représailles en interne ou devant la justice.

Tout cela est bien joli, mais signifie concrètement que les entreprises doivent d’une part protéger les données personnelles qu’elles traitent, voire renoncer à les traiter à la demande du client, et d’autre part être prête à les remettre rapidement au client à sa demande. Cela revient à créer un système informatique à la fois ouvert et fermé. Dans les banques, des prestataires de services extérieurs doivent même pouvoir s’y relier. Et comme si cela ne suffisait pas, si quelqu’un de non autorisé accède à ces données pour révéler des pratiques honteuses de l’entreprise, il ne faut pas lui en vouloir, mais si c’est dans un autre but, alors il faut tout de suite prévenir le client. Vous suivez ?

Qu’en est-il en Suisse ? Le Parlement est en train de mettre à jour la loi fédérale sur la protection des données, qui date de 1992, et l’on espère qu’il ne traînera pas. Il n’est en revanche pas prévu d’introduire l’équivalent de PSD2 en droit suisse, puisque des services de paiement variés et novateurs sont déjà développés en Suisse (e-factures, Twint, code QR sur les bulletins de versement en 2019).

Et pour les lanceurs d’alertes ? Des projets de loi dorment dans les tiroirs. Mais l’OCDE veille au grain et la Suisse devra lui remettre l’année prochaine un rapport sur ce sujet, qui est surtout sensible en lien avec la lutte contre la corruption. Il ne faut pas oublier que les banques sont déjà tenues de communiquer à la police fédérale tout flux financier qui paraît suspect. Pour respecter l’Etat de droit, il est essentiel que les dénonciations ne soient pas anonymes. Aussi pour éviter un climat de méfiance généralisé qui nuirait aux entreprises, alors que 99,99% d’entre elles sont honnêtes !

Du même auteur

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info


Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."