Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

PRESSE/Doyenne des revues, "Connaissance des arts" a opéré sa mue

Crédits: AFP

«Connaissance des arts» a opéré sa mue. Une de plus. La plus ancienne revue d'art française grand public, lancée en mars 1952, se présente désormais avec une nouvelle maquette. «Plus engagée», précise son directeur de la rédaction Guy Boyer dans son éditorial. Qu'est-ce qu'une maquette engagée, je ne sais pas. Je dois en revanche constater que Nathalie Lasserre a bien produit un emballage «plus contemporain». Je note aussi l'épaisseur de cette livraison de septembre 2016: 202 pages. 

Il faut dire que ce mensuel se porte bien. Edité par le groupe Les Echos, qui appartient à LVMH, il se flatte même d'une augmentation de diffusion de 2% en 2016. Il arrive ainsi à 44 000 exemplaires, qui vont pour les quatre cinquième aux abonnés. Des chiffres à faire pâlir de jalousie ses rivaux, parfois à la peine. Il faut dire que, très patrimoniale au départ, cette publication a pris le tournant de l'architecture moderne dans les années 1990, puis celle de l'art contemporain depuis le nouveau millénaire, Guy Boyer ayant été nommé à sa tête en 2002. C'est aujourd'hui un habile mélange d'ateliers d'artistes actuels, de décors anciens et de marché de l'art. L'apport publicitaire, de haut niveau, y demeure très important. Contrairement à «Beaux-arts», plus «arty», plus «trendy», «Connaissance des arts» s'adresse à un public vraiment aisé. Ses lecteurs possèdent ainsi un pouvoir d'achat plus grand que les bobos de la concurrence.

Pédagogie et prescriptions

Qu'y a-t-il de nouveau en septembre 2016? Une volonté plus pédagogique. Le niveau de connaissance (des arts) baisse un peu dans le public. Plus prescriptif aussi, dans la mesure où le nombre des manifestations devient démentiel. Il faut «trier le bon grain de l'ivraie». Le mensuel entend aussi fournir du rêve. Celui du luxe, inévitablement. Je ne suis pourtant pas sûr que «Le nouveau Paris de la déco» me mette en extase. Mais je ne pense pas non plus être représentatif du goût moyen. 

Le gros morceau de ce numéro nouvelle manière est «La Biennale des antiquaires», qui ouvrira ses portes au public le samedi 10 septembre. La revue lui consacre 40 pages. Les objets présentés se révèlent il est vrai fabuleux. Et c'est après tout dans ce journal qu'a éclaté le scandale des faux meubles de Versailles (1), qui va porter de l'ombre à la foire. Il faut bien se faire pardonner, même si la faute était le fait des autres. 

Un dernier mot. Le prix. Vendu 7 euros 90 en France, «Connaissance des arts» coûte 15 francs chez nous. Presque le double, au taux de change actuel. Les Suisses seraient-ils des vaches à lait? 

(1) La dernière enquête en date à signaler sur le sujet est celle d'Emmanuel Fansten lue sur le site de «Libération» le 3 septembre 2016. Elle n'apprend rien de bien neuf, mais résume avec brio les faits.

Pratique

«Connaissance des arts», No 751, septembre 2016. La revue se trouve dans les principaux points de vente de journaux.

Photo (FP) Le restaurant d'Alain Ducasse au Plaza-Athénée. Le luxe est supposé faire rêver. Tout est question de goût.

Texte intercalaire.

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