Jerome Koechlin

SPÉCIALISTE EN COMMUNICATION ET EN MANAGEMENT

Jérôme Koechlin, spécialiste en communication et en management et enseignant au Médi@LAB de l’Université de Genève, analyse et met en perspective dans son blog les enjeux de la communication moderne et du leadership.

Pouvoir et réseaux sociaux: je t’aime, moi non plus

De la confidence à l’ouverture, du secret à la transparence, du tout privé ou tout public : les réseaux sociaux ont une influence indiscutable sur la manière dont est exercé le pouvoir, dans le sens d’une communication plus horizontale. Sans céder à un idéalisme naïf annonçant que les réseaux sociaux seront susceptibles de transformer en profondeur les mécanismes de la représentation politique et d’instaurer une véritable démocratie directe virtuelle, nous constatons qu’ils renforcent  les capacités d’acquisition d’information, d’expression, d’association et de délibération des citoyens. Une société mieux informée sera toujours plus performante qu'une société muselée. 

Les médias sociaux peuvent en effet favoriser la participation des citoyens à la vie politique, et conduire la génération Y, née avec Internet, à s’engager davantage en politique. Ce qui est une bonne nouvelle, car à l’avenir, la victoire électorale reviendra plus souvent à ceux qui maîtrisent les subtilités de la communication digitale, ses outils et ses enjeux. Le leadership traditionnel “top-down” est en train de se transformer en un leadership plus partagé (shared leadership), et cette métamorphose s’opère grâce aux organisations virtuelles ouvertes et décentralisées que constituent les réseaux sociaux.

Plus la communication digitale se développe, et plus les leaders susceptibles de s’inscrire dans ces nouvelles formes d’organisation sociale et de susciter « par le bas » des dynamiques mobilisatrices vont prendre le pas sur les leaders des organisations hiérarchiques traditionnelles. Ce d’autant plus que les directions d’entreprise ne sont pas toutes au même niveau d’intégration de ces expertise digitales au sein de leur comité exécutif ou de leur conseil d’administration. La capacité d'animation des réseaux sociaux devient ainsi une composante déterminante du statut de leader dans la société contemporaine digitale.

« L’effet de réseau », c’est-à-dire la puissance d’un réseau de communication digital, augmente significativement avec le nombre d’utilisateurs connectés. Plus le réseau est important, plus ses membres sont influents. «L’effet de réseau » profite aussi au leader d’opinion qui bénéficie grâce à lui de l’adhésion du plus grand nombre possible de contacts à ses idées et à son programme.

Si les réseaux sociaux sont incontestablement des accélérateurs de notoriété, ils ne garantissent pas le succès des hommes politiques qui s’y engagent. Ils se limitent à permettre la rencontre avec le grand public. Et comme le dit le sociologue Dominique Wolton, il ne sert à rien d’être un géant en matière d’information pour rester un nain en matière d’action. L’engagement responsable et citoyen demeure véritablement le seul moyen d’agir en société.

 

 

 

 

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