Emilyturrettini

CHRONIQUE INTERNET

De nationalité américaine et suisse, Emily Turrettini publie une revue de presse sur l'actualité Internet depuis 1996 et se passionne pour les nouvelles tendances.

Pourquoi nous n'avons rien à craindre du premier pistolet en métal imprimé en 3D

L'annonce jeudi dernier du premier pistolet en métal produit par une imprimante 3D a rapidement fait la une des journaux, soulevant de nouvelles inquiétudes.

Annoncé dans un communiqué presse par la société Solid Concepts, l'entreprise a pourtant stipulé d'entrée qu'il ne s'agissait pas d'une arme qui pouvait être fabriquée sur une imprimante 3D grand public. 

Pour arriver au résultat final, il a fallu l'expertise de techniciens qualifiés pour imprimer plus de 30 composants en divers métaux et alliages. Et la poignée réalisée grâce à la technique de frittage sélectif par laser a été faite sur une imprimante industrielle qui vaut des centaines de milliers d'euros.

Si Solid Concepts a crée ce pistolet dont la démonstration vidéo montre des séances de tir réussies - 50 coups d'affilés, c'est uniquement pour argumenter la fiabilité et l'exactitude des imprimantes à fabriquer des produits en métal.

"Quand nous avons décidé de créer ce pistolet, nous n'essayions pas de trouver un moyen moins coûteux ou plus aisé de faire une arme", affirme Philip Conner, Manager chez Solid Concepts dont les propos ont été traduits par Le Monde. "Nous voulions dissiper la notion habituelle que les pièces imprimées en métal ne sont pas assez solides ou précises pour des applications réelles".

Rien à voir avec le Liberator, le premier pistolet imprimé en plastique qui a été le projet à but politique de Cody Wilson de Defense Distributed. Cet étudiant anarchiste de 25 ans qui avait lancé ainsi un défi aux politiciens américains sur le contrôle des armes à feu en leur faisant comprendre "qu'ils ne pouvaient pas stopper l'innovation et la manière d'utiliser (voire détourner) les nouvelles technologies." (Lire: Mes 2 minutes avec Cody Wilson, un des hommes les plus dangereux du monde).

En donnant à chacun la possibilité de fabriquer une arme sur une imprimante 3D grâce au mode d'emploi mis en libre accès sur le site Defcad, Cody Wilson a atteint son objectif. Plus de 100'000 fichiers ont été téléchargés en quelques jours avant que le gouvernement Américain n'intervienne en sommant Defcad de les supprimer de son serveur, invoquant une "violation des droits sur l'exportation international des armes".

Depuis, Cody Wilson est passé à autre chose. Il a arrêté ses études de droit et milite aujourd'hui pour un nouveau projet subversif baptisé Dark Wallet, un porte-monnaie Bitcoin anonyme qui rendra la monnaie digitale intraçable et donc impossible à réguler par un gouvernement (voir vidéo). Un projet à suivre de près, tout comme Cody Wilson, le crypto anarchiste le plus troublant du Web. Pour son idéologie mais aussi pour son physique. Il ressemble à Justin Timberlake et a la voix grave de Russell Crowe.

Du même auteur

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info

Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."