<p>Executive chairman de Teads</p>

Executive chairman de Teads, Pierre Chappaz, 56 ans, préside depuis Genève, la plateforme de vidéo publicitaire mondiale. Créée en 2011, Teads (contraction de Technology et Advertising) est maintenant présent dans 18 pays et fournit sa technologie aux plus grands medias du monde dont Bilan.

Français, Pierre Chappaz est établi dans la région genevoise depuis 2000. Il a fondé le comparateur de prix sur Internet Kelkoo puis l’a revendu à Yahoo! en 2004. Après quelques mois à la présidence de Yahoo! Europe, il reprend l’initiative en fondant plusieurs startups (Wikio, Netvibes, Ebuzzing, Photobox...). Pierre est un blogueur très actif: visitez son blog personnel http://pierrechappaz.overblog.com/ et son blog politique libertarien.overblog.com.

Pourquoi je préfère Fillon à Macron

Macron est populaire dans les startups et les médias parisiens. Il est sympa (j’ai eu l’occasion de le rencontrer et je confirme), moderne (notamment par rapport aux dinosaures du PS avec lesquels il vient de gouverner pendant 5 ans), il prêche l’optimisme à un pays déprimé... Malgré toutes ces qualités, je ne voterai pas pour lui. Pourquoi ?

Son élection ne serait certes pas une catastrophe pour la France. Simplement, je pense qu’elle ne changerait pas grand-chose. Le pays continuerait de décliner doucement, faute de réformes suffisantes pour rattraper les nations qui travaillent plus, sont moins étatisées, moins fiscalisées, moins bureaucratisées.

Posons la question: Macron n’est-il pas populaire justement parce que les réformes qu’il propose, et qui vont souvent dans la bonne direction, sont des demi-mesures ? Des réformettes qui ne choquent pas grand monde ?

Citons quelques exemples: assouplissement des 35 heures oui, mais sans modifier le cadre légal... Economies de 60 milliards oui, mais en même temps dépenses d’ «investissement» de 50 milliards … Réduction du nombre de fonctionnaires ? Peut-être de 25'000 par an, moins que l’augmentation annuelle des cinq dernières années... 

Macron propose, comme Fillon, la réduction des impôts sur le capital (qui ont été augmentés à un niveau sans précédent durant ce quinquennat) ainsi que de l’impôt sur les sociétés. Ce sont de bonnes mesures. Il est important d’alléger le boulet fiscal pour faire repartir l’économie.

Au final, si je devais donner une note à Macron sur la politique économique, je dirais : Peut mieux faire.

Pour la première fois depuis 40 ans, un candidat à la présidence propose de remettre la France au diapason des grands pays développés en ce qui concerne la liberté économique et les dépenses publiques : il s’agit de François Fillon. Il est le seul à proposer la fin des 35 heures, du code du travail (3600 pages de réglementation) et de l’ISF, 500.000 fonctionnaires en moins. Il veut alléger la bureaucratie qui pèse sur les PME, réduire l’assistanat... Je comprends bien que ces propositions ne plaisent pas à tout le monde : on ne peut pas diminuer l’emprise de l’Etat en France sans déranger certaines habitudes. Alors préfèrera-t-on reculer devant l’obstacle, et voter pour Macron, le candidat qui intitule son bouquin «Révolution» justement pour ne pas révolutionner grand chose ? Ou oser la vraie révolution, celle du libéralisme et de François Fillon ?

Et puis, il y a une autre raison qui fait que je ne peux pas voter pour Emmanuel Macron: ses positions ultra-européistes, aux antipodes du sentiment de beaucoup de Français - qui ne votent pas tous Le Pen - inquiets de la disparition progressive de leur culture, de l’immigration excessive, et de la dépossession du pouvoir par l’administration bruxelloise. Fillon me parait bien plus raisonnable sur l’Europe, sans doute faut-il y voir l’héritage de son mentor souverainiste Philippe Seguin.

Merci de ne pas me dénier le droit à participer au débat au prétexte que, comme beaucoup de Français et notamment d’entrepreneurs, j’ai choisi de vivre hors de France. J’aime la Suisse, pays qui fonctionne bien, a confiance dans ses valeurs, et se trouve heureux de n’être pas dans l’Europe.

Mais j’aime aussi la France. Mon pays natal qui souffre d’un Etat envahissant et chroniquement déficitaire. Beaucoup de Français, comme moi, veulent que leur pays se relève. Nous sommes nombreux à travailler dur, à vouloir réaliser nos rêves sans renier nos racines.

La victoire de Fillon, après le lynchage dont il a été l’objet, paraît aujourd’hui peu probable. Mais il aura ma voix.

 

 

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