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FONDATEUR DES EDITIONS ALPAGA

Editeur, journaliste indépendant et spécialiste en communication, Sébastien Ladermann est passionné de gastronomie et de voitures anciennes notamment. Deux thèmes qui l’inspirent au quotidien dans ses diverses activités, au point de nourrir une intense réflexion sur l’art de (bien) vivre et d'avoir consacré aux plus prestigieux chefs de cuisine lémaniques un ouvrage novateur (Portraits (intimistes) de chefs, paru aux Editions Alpaga) préfacé par F. Girardet, Ph. Rochat et G. Rabaey.

Porsche 964 Turbo - La force de l’âge (et de la surpression)

Soyons clairs: si la perfection automobile existe, elle devient de plus en plus ennuyeuse. Efficacité rime bien (trop) souvent avec aseptisé. Des performances époustouflantes sont réalisées sans provoquer la moindre sensation, hormis celle (parfois vive au regard des vitesses atteintes facilement) de la peur du gendarme. Rien de mieux pour déroger à cette maudite évolution qu’une délicieuse plongée dans le passé.

Chez Porsche, la 911 Turbo a toujours occupé une place particulière. A sa sortie en 1975, elle a été affublée d’un qualificatif devenu - depuis - une qualité bien agréable: brutale. «A ne surtout pas mettre entre toutes les mains» prévenaient en coeur les spécialistes de l’époque. Qu’en est-il au juste aujourd’hui? Eléments de réponse avec un exemplaire de 1991, dernier modèle du genre mono-turbo.

Car c’est bien cette spécificité technique qui lui procure tout son charme. Une poussée linéaire jusqu’à 3000 trs/min, puis - la surpression aidant, véritable baguette magique! - une envolée diabolique. Comme l’intérieur rouge de cette auto, du plus bel effet. L’arrivée de la puissance (320 cv) est certes moins violente que sur la version originelle, mais le caractère du moteur s’avère bien marqué (euphémisme), pour le plus grand plaisir du conducteur qui risque une addiction sévère et rapide...

Le freinage, époustouflant comme de coutume chez Porsche, ne laisse rien entrevoir de l’âge de l’auto, ni de son poids (près d’une tonne et demi), bien que le toucher de la pédale soit un peu élastique. Une direction précise complète le tableau, permettant de tracer une trajectoire propre tout en remontant les infos nécessaires au conducteur. Seul regret: l’insonorisation trop importante du moteur en conduite plaisir... qui s’avère cependant un avantage lors de longs trajets.

Alors oui, plus de 20 ans après son lancement, cette 911 est dans la force de l’âge et distille un plaisir rare. Elle n’en reste pas moins difficile à mener à la limite (son moteur en porte-à-faux arrière et l’arrivée peu progressive du couple l’expliquent), en particulier sur le mouillé. Donc attention aux excès d’optimisme que ne tempèrent pas un bataillon d’aides électroniques.

Capable de soutenir des moyennes très élevées sur route rapide dans un confort étonnant, de se montrer si nécessaire d’une surprenante douceur dans les trajets quotidiens, la Turbo représente bel et bien un achat passion. Pas dénué de raison cependant, en particulier grâce à sa fiabilité toute germanique et à la stabilité de sa cote. Autant d’excellentes raisons de craquer...

Voiture mise gracieusement à disposition par www.classicamotors.com

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