Nivez C Photoa

JOURNALISTE

Journaliste en France depuis 1990, d’abord comme reporter et journaliste dans le secteur de la musique, puis dans les nouvelles technologies, internet et l’entrepreneuriat. Après 20 ans en France, j’ai migré en Suisse et à Genève ou je vis et travaille désormais sur ma nouvelle passion: l’alimentation et la santé.

J’ai fait l’essentiel de mon parcours dans l’audiovisuel français (France Inter, France Info, Europe1, ou encore Canal+). Désormais journaliste freelance en Suisse, j’ai signé une série d’articles pour le quotidien suisse-romand Le Temps et travaille désormais pour BILAN où je tiens la rubrique mensuelle « Santé & Nutrition ».

Vous pouvez aussi me retrouver sur mes blogs : www.suisse-entrepreneurs.com, galerie de portraits des entrepreneurs que je côtoie en Suisse, et sur LE BONJUS mon nouveau blog consacré aux jus et à l’alimentation.

Pollen et BigData : les plus grands marchés du monde

En mai, la pollinisation bat son plein ! Les prairies, les rues et les voitures se couvrent de pollen. Dans son livre « L’intelligence des plantes » le chercheur italien Stefano Mancuso compare la pollinisation à un vaste marché dans lequel on trouve des « acquéreurs (les insectes), des marchandises (le pollen et le nectar), des vendeurs (les plantes) et même… des messages publicitaires (la couleur et le parfum des fleurs) ».

Sur ce grand marché de la pollinisation « s’instaure un véritable système commercial d’échange de biens et de services » écrit encore l’auteur : « sur ce marché, rien n’est gratuit. Les insectes paient de leur personne en travaillant, et les plantes, de leur côté, ont choisi d’utiliser une monnaie unique : le nectar, une substance sucrée à haute teneur énergétique, dont les animaux raffolent et dont il semble désormais certain que les végétaux la produisent dans le seul et unique but de rémunérer le transporteur du pollen ».

Ainsi donc, le monde végétal et animal travaillent et négocient ensemble. Au delà de l'échange, la dimension d’asservissement n’échappe pas aux scientifiques : dans ce dialogue entre la plante et l’animal, c’est la plante qui mène le bal. Les orchidées développent même des techniques de tromperies en exhalant des odeurs de fruits en fermentation pour attirer l’insecte qui va les butiner. Le monde végétal développe encore des exclusivités : Stefano Mancuso, fondateur de la neurobiologie végétale, explique dans son livre comment l’insecte qui butine le nectar d’une plante, passera ensuite le restant de la journée à butiner uniquement la même espèce de plante, assurant ainsi sa reproduction. Pourquoi l’insecte ne passe-t-il pas d’une variété de plante à une autre ? L'insecte est comme hypnotisé par le nectar de la plante et n'en décolle plus.. C’est encore un mystère que les entomologistes ont baptisé « fidélité du butinage », en attendant de pouvoir l’expliquer.

Ce commerce et ce marché entre végétaux et animaux en rappelle un autre, tout aussi grand : le marché "homme et internet". Les hommes butinent les réseaux sociaux, à la recherche de leur nectar (les likes). En butinant, ils fécondent les réseaux de leurs données personnelles (le pollen) permettant ainsi à ces réseaux de grandir et de se reproduire. Comme les insectes le sont par les plantes, l’homme est l'instrument inconscient du réseau digital…  Dans les deux réseaux : digital et végétal, rien n'est gratuit. Et le marché n'est pas forcément "gagnant-gagnant". Dans le monde végétal, c’est la plante (le réseau végétal) qui a le mot de la fin.

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