Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

PHOTO/Genève et la littérature sur l'objectif de David Wagnières

Crédits: David Wagnières

C'est une bonne idée. Du moins apparemment. Pour le compte de la Ville, David Wagnières a imaginé des images qui accompagneraient des textes d'auteur(e)s (1) parus sur Genève. Entendons-nous. Il ne s'agit pas là d'illustrations, mais de libres évocations. Le photographe a donc lu les œuvres en question. Mais pas trop, tout de même. Il s'agissait pour lui de rester libre. 

Aujourd'hui, divers panneaux montrent ce travail dans la rue. Ils comportent pêle-mêle des clins d’œil à «La pêche miraculeuse» de Guy de Pourtalès (1937) et à «La guerre civile de Genève», un poème peu connu de Voltaire écrit en 1768, en passant par «L'insoutenable légèreté de l'être» de Milan Kundera (1982). La grande littérature voisine avec celle de quai de gare. Il se trouve ainsi un emplacement pour «Belle du Seigneur» d'Albert Cohen (1968) et un autre pour «Onze minutes» de Paulo Coelho (2003). Comme pour tout ce qui est culturel, la Ville de Genève se refuse à faire des choix.

Un lieu inadéquat

Si j'ai laissé entendre d'emblée qu'il ne s'agissait pas vraiment là de la chose à faire, c'est à cause du lieu. Le travail de David Wagnières, en couleurs souvent mordorées, me semble très bien. Normal. Il s'agit d'un homme qui a un œil. Il se voit cependant présenté rue Hans-Wilsdorf. Une artère que j'ai eu du mal à localiser. Désolée et sans aucun passage piétonnier, même les rares jours de beau temps, elle part du pont du même nom pour se terminer, aux Acacias, contre l'immeuble de Rolex. Un enterrement donc, et même pas de première classe même si Rolex fait très chic. 

Je ne suis même pas sûr par ailleurs que cette présentation en plein air, prévue jusqu'à la fin juillet, soit incluse dans les «50 Jours pour la photographie»... Mais après tout, "Picture Yourself", qui commencera le 15 juin au Pont de la Machine avec la collaboration de Magnum, n'y figure pas non plus.

(1) Je reprends la formule politiquement correcte si typique de Genève.

Texte intercalaire.

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