Canalluiginonb Web 0

Journaliste

Licencié en économie (Université de Genève), journaliste indépendant spécialisé en télécommunications, économie et investigation notamment avec des enquêtes sur le blanchiment d’argent et les escroqueries financières, Luigino Canal a été pendant 15 ans le correspondant en Suisse pour le quotidien économique français «Les Echos». Il a collaboré avec de nombreux médias suisses et italiens (Corriere della Sera, l’Espresso). Il se concentre désormais sur les grandes fortunes. Il participe depuis 15 ans à l’élaboration du classement de Bilan des 300 plus riches de Suisse.

Petit catalogue pour tenter d’échapper (un peu) au fisc français

L’ex-ministre français du budget, Jérôme Cahuzac, a fini par se faire prendre. Il possède bien un compte en Suisse, non déclaré au fisc. Mais il aura fallu une accumulation de «coup du sort», avec notamment l’enregistrement fortuit d’une conversation et des détectives privés sur fond de divorce pour que ce compte, ouvert il y a dix ans, monte à la surface aujourd’hui

De quoi laisser une marge à ceux qui seraient tentés d’échapper, au moins en partie, aux tentacules du fisc. Justement, le numéro d’avril du mensuel français Capital dresse sur 20 pages un inventaire détaillé des techniques de fraude, des petites combines, plus ou moins astucieuses et plus ou moins légales, aux montages financiers savants mis en place par les grandes fortunes. Mentionnons ainsi, la location de son yacht pour éviter de se faire matraquer par l’ISF (impôt sur la fortune), déguiser son salaire en plus-values boursières exonérées, monter une cascade de holdings (le fisc abandonnerait ses recherches après trois niveaux !), stocker discrètement, via une société, ses oeuvres d’art dans un port franc (par exemple en Suisse) pour éviter la taxe sur la vente, etc.

En 2012, la fraude aurait coûté entre 60 et 80 milliards d’euros au fisc français. Mais attention, désormais les limiers de Bercy possèdent une unité de police fiscale aux pouvoirs étendus (filatures, écoutes téléphoniques, gardes à vue) qui peut débarquer à l’aube chez un contribuable suspect pour une perquisition.

Le magazine estime qu’à force d’assommer d’impôts le contribuable, celui-ci pourrait être de plus en plus enclin à évader le fisc. Paris est en train de franchir la ligne rouge et le «consentement à l’impôt s’effrite dangereusement». Qu’importe, le gouvernement a choisi de maintenir une taxe sur les très riches, à hauteur 75%, comme promis lors de la campagne électorale. Mais cette taxe sera acquittée non pas par les particuliers mais par les entreprises.

Toujours sous la rubrique «ne déclarons pas tout au fisc», mais cette fois en Suisse, Berne encaisse au final 5 milliards de francs par an au titre de l’impôt anticipé de 35% prélevé d’office par la banque sur les intérêts de votre capital. De l’argent que le contribuable récupère uniquement s’il annonce ses comptes dans sa déclaration d’impôts. On en déduit que de nombreuses personnes préfèrent payer cette taxe plutôt que mentionner toute leur fortune. De quoi penser qu’une amnistie fiscale en Suisse pourrait faire sortir de leurs cachettes des montants considérables.

Du même auteur

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info

Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."