Veillet Thomas

FONDATEUR INVESTIR.CH

Thomas Veillet, 45 ans et des poussières, plus de vingt ans dans des salles de trading, blogueur, trader, râleur et plein d’autres choses. Thomas a passé pas mal de temps dans les grandes banques de la place, a été un banquier conforme avant de passer au non-conformisme. La création du «Morningbull» aura été le début d’un changement de direction vers plus d’indépendance. Aujourd’hui, il essaie de vulgariser le monde de la finance et de le raconter avec un angle décalé, histoire de prouver que ça peut aussi être drôle. Il y a bientôt deux ans, il a co-fondé le site Investir.ch, qui s'est rapidement imposé comme un des sites financiers romands - un site qui parle de finance sans détour, sans artifice et qui a une forte tendance à penser "outside the box" quand tout le monde est inside...

Perdus dans le labyrinthe du Minotaure

Si l’on se réfère à la mythologie grecque, nous sommes quelque part perdus dans le labyrinthe du minotaure. Oui, les Grecs ont voté non. C’est un énorme mawashi geri dans les dents de l’Europe, de l’Union, de Merkel et de Hollande... ça, c’est une évidence.

Encore une fois, les marchés vont se faire secouer, l’Euro a déjà commencé sa semaine hier soir, sur l’annonce du « Non », la monnaie européenne s’est faite déglinguée de 2 figures, ce qui reste somme toute raisonnable, étant donné qu’un mouvement pareil est devenu monnaie courante dans le marché en ce moment.

Les futures sont indiqués en baisse de 3% et plus sur les marchés européens, et 1% aux USA. La journée va donc être à nouveau sanglante, mais à la fin quoi ?

À la fin qu’est-ce que l’on attend ? On parie sur quoi ? On investit sur quoi ? On attend quoi ?

Pour être très honnête avec vous, tout le monde se pose des questions et personne n’en sait rien.

Personne ne sait très bien ce qu’il va se passer maintenant. Une chose est certaine, Tsipras a gagné une bataille face à l’Europe. Le peuple grec a clairement dit à Merkel et ses potes d’aller se faire voir ailleurs, que l’austérité ce n’était pas pour eux et que leur pays n’était plus/pas le laquais de Bruxelles.

Maintenant, reste à savoir ce que l’on fait de la dette grecque (apparemment, on va pouvoir l’oublier...), reste aussi à savoir si ce vote va permettre un « déblocage » des négociations avec l’Europe, bien que l’on puisse en douter, étant donné qu’après une baffe pareille, on peut imaginer que les Allemands seront moyennement encouragés à faire des concessions face à Tsipras.

Pour le reste, les Grecs ont bien montré leurs intentions et reste à savoir ce qu’ils vont faire avec leur économie qui est en train de s’effondrer pierre par pierre.

Mais tout ça n’est que de la Géopolitique et pour être franc, là tout de suite, je commence à saturer à ce sujet. Fondamentalement, la seule chose que je souhaite, c’est de passer à autre chose.

Malheureusement, nous allons encore devoir nous farcir la thématique grecque pendant un moment. Quant à savoir quelle sera son impact sur les marchés financiers (puisqu’à la fin, c’est ce qui nous intéresse), il va falloir être patient, la journée qui nous attend promet d’être sanglante et si l’on en croit les multiples experts qui ont communiqué cette nuit, ça ne sera pas la dernière, la semaine risque d’être épique telle l’Odyssée d’Ulysse.

On va dire que, pour le moment le marché est en train d’essayer de « pricer » le prix d’une Europe sans Grèce et de savoir ce que cela pourrait coûter à tout un chacun, une fois que l’on sera parvenus à « valoriser » la chose, les Grecs pourront retourner à la reconstruction de leur économie et les marchés financiers, tous tant qu’ils sont, pourront retourner à leurs petites affaires, comme nous l’avions déjà fait en 2011, lors de la dernière « crise grecque » en date. Comme quoi, on oublie très vite ce que l’on a déjà vécu, dans le monde de la finance, mais ça, ce n’est pas nouveau. Mais en attendant, nous allons devoir subir les fanfaronnades de Tsipras, les « je vous l’avais dit » de Varoufakis, la mauvaise humeur de Merkel et l’air idiot de François Hollande (sauf que ce dernier, c’est permanent).

En attendant, évidemment, ce lundi matin, on va se faire secouer.

L’Euro se fait démonter depuis dimanche soir, cette nuit le Japon a ouvert en baisse et actuellement, il continue de baisser, il recule de 2.33%. Le Hang Seng est en plongée de 3.22% - comme si soudainement le commerce de Hong Kong était basé sur l’import-export de fromage de brebis et d’huile d’olive. En revanche, histoire de ne pas faire comme tout le monde, la Chine remonte de 1.4%. Il faut dire que, non seulement, depuis trois semaines, le marché chinois vit l’enfer, mais en plus le gouvernement Chinois vient de lancer une série de mesures afin de soutenir l’économie et les marchés financiers, qui laisse supposer qu’à Pékin, on refuse de laisser le « bull market » mourir.

Autrement, pour être parfaitement sympathique avec le reste des marchés, le pétrole se fait massacrer ce matin. On va dire que c’est à cause du dollar fort ou de l’euro faible, c’est selon. Le baril est en baisse de 3.8%. Et puis l’or, qui est censé être LA VALEUR REFUGE par excellence en cas de catastrophe, fait totalement son job : il ne baisse pas. Le métal jaune est à 1167$ et il fait mine de ne même pas voir ce qui se passe autour de lui.

Pour les nouvelles du jour ; sur les cinq nouvelles plus populaires du FT, c’est la Grèce qui l’emporte. Sur le site de CNBC sur 20 « headlines », la moitié sont réservées à la Grèce, sur Marketwatch, c’est pire, et sur le Barron’s, la Grèce est en tête de gondole. Je crois donc que l’on peut clairement dire qu’il n’y a pas « LES nouvelles du jour », mais LA nouvelle du jour, et cette dernière ; c’est la Grèce, la Grèce et encore la Grèce.

LAST MINUTE : LES MINOTAURES QUITTENT LE NAVIRE ;  VAROUFAKIS VIENT DE DÉMISSIONNER

Aujourd’hui, il y aura des chiffres économiques. Et pas en Grèce. Même si cela peut paraître étonnant, pendant que Merkel et Hollande vont se voir avec leurs copains européens (ceux qui restent) et voir ce qu’ils vont bien pouvoir faire pour ne pas perdre (plus) la face, il y aura aussi des chiffres économiques qui seront publiés ; les Factory Orders en Allemagne, la Production Industrielle en Espagne, le CPI en Suisse, le Retail PMI en Europe, la Confiance du Consommateur, en Europe toujours. Aux States, nous aurons le Markit PMI, le PMI des Services et l’ISM Non-Manufacturing.

Pour le moment, c’est donc le bain de sang sur les marchés, l’Euro/$ est à 1.1039, le Yen vaut 122.25, le Bitcoin s’échange à 266.75$ et le rendement du 10 ans US est à 2.28%. Les futures sont toujours indiqués au fond du trou. Et puis, étonnement, l’Euro/Franc Suisse, s’est pris les pieds dans le tapis sur l’annonce grecque et depuis une main invisible mais d’origine bernoise, semble soutenir les niveaux des 1.04…

Je n’aurais qu’un mot à dire :  « Attachez vos ceintures »  - il pourrait y avoir des turbulences de catégorie modérées à très violentes.

Pour le reste, je vous souhaite une très belle journée, un très bon café quand même et on espère, on prie, on met des cierges pour que l’on sorte rapidement de cette « soupe grecque » et que l’on puisse recommencer à parler de trucs trop cools, comme de la prochaine rumeur de fusion ou la montagne de cash qu’Apple a stockée sous son matelas.

Pour la suite, on se retrouve demain, si mon site se décide à refonctionner un jour. Merci à Infomaniak pour avoir bossé ce week-end pour « améliorer le service ». C’est clair, avant ça marchait, maintenant ça marche plus. La classe.

 

Thomas Veillet

Investir.ch                           

“C’est quoi l’hébergeur suisse qui fonctionne ? »

― Thomas Veillet, Bloggeur énervé.

 

Du même auteur

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info

Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."