<p>Rédacteur en chef du Temps, (ex-rédacteur en chef de Bilan)</p>

Depuis le 1er janvier 2015, Stéphane Benoit-Godet dirige la rédaction du quotidien Le Temps. Il était le rédacteur en chef de Bilan de 2006 à 2015. Auparavant, il a travaillé pour les quotidiens La Tribune de Genève et Le Temps 1998-2003), journal dont il a dirigé la rubrique économique (fin 2000 à mi-2003). Juriste de formation, Stéphane a fait ses études en France à l'Université d'Aix-Marseille III. 

 

 

Pelles mécaniques et robots

Dans les années 1930, le chômage frappe le canton de Vaud et la Municipalité de Lausanne se lance dans une série de grands travaux pour soutenir l’emploi. C’est ainsi que sera construite la piscine de Bellerive. Mais sans pelle mécanique, car cette dernière a la réputation de voler l’emploi des ouvriers. Presque 80 ans plus tard, la même peur - qui a mené partout et en tout temps à se méfier du progrès - étreint de nombreux domaines. 

La technologie va-t-elle tuer l’emploi? Le monde des robots, d’internet, des applications peut dispenser aujourd’hui toute une série de secteurs économiques d’une main-d’œuvre peu formée et bon marché. Adieu chauffeurs de taxi, vendeurs, caissières, etc. 

Premier constat, ce n’est pas grave et cela entre dans le cadre de la «destruction créatrice» bien connue des économistes. Un ordre disparaît et se voit remplacé par un autre, plus efficace et plus productif. Second constat, les employés de ces secteurs n’ont pas de raison d’être angoissés à propos de leur avenir.

Nos ouvriers lausannois pleurent-ils le bon vieux temps où ils pouvaient construire, soulever, creuser, terrasser... à la main ou avec des outils rudimentaires? Sûrement pas. Apprendre à maîtriser des machines améliore leurs connaissances, donc leur valeur sur le marché du travail et leur salaire, sans même parler de leur santé.

La différence avec les évolutions technologiques du siècle précédent tient peut-être au fait que le progrès a remonté la chaîne de valeur de la production de biens et services. Il faut, aussi, dire adieu aujourd’hui aux avocats, traders, journalistes et à toutes sortes d’autres métiers qualifiés. Mais est-ce si différent au fond?

Le principe est le même: ces professions ne vont pas disparaître, mais elles vont laisser aux machines le soin de faire le travail le plus pénible et répétitif pour se concentrer sur ce qui est le plus intéressant et générateur de valeur ajoutée, donc plus rémunérateur. 

Les jobs les moins qualifiés sont-ils désormais plus exposés? Non, car même si certains disparaîtront vraiment, la liste de ceux qui s’annoncent autour des services à la personne paraît sans limite. Par ailleurs, le système de formation duale à la Suisse prend en compte dans sa philosophie même ce facteur d’évolution du marché. Il faut donc savoir dire «adieu» sans aucun regret à l’ancien monde. 

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