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EXECUTIVE DIRECTOR CHEZ SYMBIOTICS ET VICE-PRÉSIDENT DE SUSTAINABLE FINANCE GENEVA

Titulaire d’un master en relations internationales de l’Institut des Hautes Etudes Internationales de Genève et d’un certificat de formation continue en gestion quantitative de portefeuilles de l’Université de Genève, Fabio Sofia a démarré sa carrière auprès de Lombard Odier à Genève dans la gestion de projets pour le département des produits, puis a rejoint la section politique pour les droits humains au Département Fédéral des Affaires Etrangères à Berne. Depuis 2004, il travaille pour Symbiotics SA, une société leader en investissement d’impact dans les pays émergents, spécialisée dans le financement d’institutions de microfinance. Il a été successivement analyste d’investissement, responsable régional pour l’Amérique Latine, client relationship manager et aujourd’hui head of business development et membre du comité exécutif de Symbiotics. Depuis 2012, il siège également au comité exécutif du "Sustainable Finance Geneva" en tant que vice-président, une organisation à but non-lucratif qui promeut la finance responsable et durable en Suisse.

Pays émergents, sur quelle voie svp?

Je suis en retard, quelle tuile. Cela fait des années que l’on me dit de ne pas rater le train « émergent » ; mais voilà, je suis en rade sur le quai. J’avais pourtant regardé tous les horaires ; actions et obligations émergentes, monnaies exotiques, matières premières, et encore private equity. Résultat, moins de 10% de mon portefeuille y est investi, et sans tenir compte du moindre critère de durabilité.

Je sais pourtant qu’un tiers du PNB mondial provient de ces régions. Ce qui me frappe le plus, c’est que cela montera à plus de deux tiers d’ici à quelques années. 70% ! L’espace-temps est fondamentalement différent de chez nous. Un monde à 9,1 milliards d’individus en 2050, c’est 200'000 personnes en plus sur la planète chaque jour. Essentiellement dans les pays émergents. Nous ne finissons pas de vieillir ici, alors que des milliards d’individus ailleurs entrent à peine dans l’adolescence. Le moteur du développement est donc là; croissance démographique et espoir d’une vie économique et sociale meilleure.

Faut pas que je rate le train. C’est HSBC qui le dit : D’ici à 2050, même la plus petite entreprise sera multinationale. D’ici à 2050, chaîne alimentaire et chaîne d’approvisionnement ne feront qu’une. D’ici à 2050, le commerce Sud-Sud sera la norme, pas l’exception. D’ici à 2050, les investisseurs seront des explorateurs. D’ici à 2050, l’éducation pourrait être votre meilleur investissement. D’ici à 2050, tous les déchets seront source d’énergie. D’ici à 2050, tous les marchés auront émergé.

Le message est limpide et la transformation inéluctable. Comment y participer ? La réalité malheureuse veut que ce développement fulgurant ne soit pas coordonné. Même si elle attire dans son sillage une population importante, la richesse se concentre dans les mains d’une poignée de personnes. Investir aujourd’hui dans un fonds global pays émergents revient à s’exposer à 70% à cinq pays seulement (le monde en compte plus de 200…) et à une infime portion des sociétés cotées.

Cachées par ce paravent des « investissements émergents » classiques se cachent pourtant 400 millions de micro et petites entreprises, créatrices de valeur, et représentant plus de 95% du tissu économique ! Voilà la réalité. Participer à la croissance mondiale de manière durable, c’est investir dans ces gens vivant tout en bas de la pyramide sociale et économique. Leurs besoins de financement sont loin d’être satisfaits. Le train « émergent » (et durable) devra emprunter cette voie dans le futur.

 

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