<p>Executive chairman de Teads</p>

Executive chairman de Teads, Pierre Chappaz, 56 ans, préside depuis Genève, la plateforme de vidéo publicitaire mondiale. Créée en 2011, Teads (contraction de Technology et Advertising) est maintenant présent dans 18 pays et fournit sa technologie aux plus grands medias du monde dont Bilan.

Français, Pierre Chappaz est établi dans la région genevoise depuis 2000. Il a fondé le comparateur de prix sur Internet Kelkoo puis l’a revendu à Yahoo! en 2004. Après quelques mois à la présidence de Yahoo! Europe, il reprend l’initiative en fondant plusieurs startups (Wikio, Netvibes, Ebuzzing, Photobox...). Pierre est un blogueur très actif: visitez son blog personnel http://pierrechappaz.overblog.com/ et son blog politique libertarien.overblog.com.

Paul Jorion colonise la Suisse

Comme je m'intéresse beaucoup aux blogueurs, depuis des années, j'ai souvent écouté les vidéos de Paul Jorion, et lu les articles des contributeurs qui s'expriment sur son blog, 3ième au classement des blogs économiques francophones.

J'ai lu et écouté, avec une certaine perplexité, ou une perplexité certaine, devrais-je dire. On verra ci-dessous.

Difficile d'échapper à Paul Jorion à Genève ces jours-ci. L'économiste colonise les ondes de la RTS, radio (dimanche dernier) et télé (lundi dernier) .

En Suisse, les journalistes du service public, comme partout, sont presque tous de gauche, et ravis de tendre le micro à Jorion pour écouter religieusement ses recettes néo-keynésiennes.

Il faut dire que Paul Jorion, qui aime se comparer modestement à cet autre chouchou des médias, Joseph Stiglitz, prix Nobel, est un "bon client" pour les journalistes. Il diffuse ses idées simplistes dans un langage à peu près incompréhensible (même pour quelqu'un qui s'intéresse à l'économie, ce qui est mon cas). Jorion a l'air tellement sûr de lui, lui qui avait tout prévu, la crise, les subprimes, etc, que même si on ne comprend pas très bien ce qu'il dit, ça doit être important, et surtout ça doit être juste.

Le fait que les journalistes ne lui fassent pas la moindre objection confirme que sa parole est parole d'Oracle.

Confusion intellectuelle et Keynésianisme

Jorion est confus, mais pourtant comme il le dit: tout ça est tellement simple. "Pour sortir de la crise, il faut interdire la spéculation et augmenter les salaires", c'est en substance ce qu'il affirmait à la radio dimanche dernier.

L'auditeur peu au fait de l'économie se dit: mais c'est bien sûr, il faut interdire la spéculation et pourquoi pas pendre haut et court ces horribles spéculateurs. On (= les médias) lui répète depuis cinq ans que la crise, c'est la faute des spéculateurs et des banquiers qui ont trafiqué avec leurs subprimes. Le rôle économique de la spéculation, qu'il serait trop long d'expliquer ici, mais qui consiste pour faire simple à essayer d'anticiper les évolutions de marché, l'auditeur lambda ne le connaît pas (et la journaliste non plus apparemment).

L'autre grande idée de Jorion, c'est qu'il faut augmenter les salaires. Il le dit poliment, mais son message est bien "ces salauds de patrons doivent payer". Où prendront-ils cet argent, alors que les marges et la trésorerie des entreprises sont plus basses que jamais? On ne le saura pas. L'économiste se contente de stigmatiser les écarts de salaires excessifs, ce sur quoi je le rejoindrai. Mais c'est l'arbre qui cache la forêt. Jorion, quoiqu'il affirme le contraire, sait très bien que ce n'est pas en limitant certains salaires excessifs qu'on va pouvoir augmenter tout le monde.

Je regrette de dire que le blogueur économiste est un démagogue: c'est tellement facile, n'est-ce pas, de dénoncer les méchants (les spéculateurs) et de faire de fausses promesses (augmenter les salaires).

La responsabilité des gouvernements et des banques centrales dans la crise d'endettement qui a commencé avec les subprimes et se poursuit aujourd'hui avec les dettes souveraines, il ne la voit pas.

D'ailleurs, pourquoi s'affoler? Il faut arrêter avec toutes ces histoires d'austérité, expliquent les keynésiens, empruntons, empruntons, et on verra plus tard.

 

 

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