Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

PATRIMOINE/Rennes restaure a cathédrale XIXe

On n'a longtemps vu de la cathédrale de Rennes que la façade, élevée en style Renaissance aux XVIe et XVIIe siècles. C'est dur, le granit! Depuis 2009, l'intérieur de l'édifice connaissait en effet une réfection méritoire. Il ne s'agit pas d'un de ces monuments ancestraux remontant au Moyen Age, mais d'une construction des années 1845 à 1880. Autrement dit d'un de ces édifices qu'on laisse aujourd'hui crouler en France, quand on ne le démolit pas purement et simplement comme à Abbeville en 2014. 

Nous sommes, il est vrai, face à une cathédrale. L'église relève donc de l'Etat, et non de la Municipalité. La DRAC (direction régionale des affaires culturelles) a pris l'affaire bien en main. "Il a été décidé de refaire non pas une partie de l'intérieur, puisque la charpente était en bon état, mais tout le décor", explique Cécile Oulhen. Pour cette jeune conservatrice du patrimoine, il en allait de "la cohérence de l'édifice". Peintures, stucs décoratifs, colonnes (en stuc aussi, du reste), marbres, tout remonte à la même époque, celle de l'archevêque Godefroy Brossays Saint-Marc.

Un archevêque ambitieux

Il avait de l'ambition, ce monsieur, pour ne pas dire de l'orgueil! Menaçant ruine, le choeur et la nef gothiques avaient été abattus entre 1756 et 1768. Les plans ont ensuite traîné. Le financement encore davantage. "Les travaux, entamés en 1787, ont été interrompus par la Révolution. Ils n'ont repris qu'en 1816, pour se terminer en 1845." C'est alors qu'intervient le prélat. Il trouve le résultat trop sobre. Il lui faut un habillage basilical, à la romaine. Il s'y emploiera avec on se demande bien quel argent. Toujours est-il qu'Auguste-Louis Jobbé-Duval se charge d'une partie des peintures, les cortèges de saints bretons, classés par région, se voyant confiés à Alphonse Le Hénaff. 

"Ces peintures étaient très encrassées, mais en relativement bon état", explique Cécile Oulhen. Un nettoyage "écologique" était donc possible. Le résultat se révèle spectaculaire. On a ici la version à l'état de neuf des peintures d'Hippolyte Flandrin (qui ont visiblement servi de modèles) à Saint-Germain-des.Prés comme à Saint-Paul de Paris, où ces originaux s'écaillent méchamment.

Vers une intervention contemporaine? 

Le chantier est-il terminé depuis novembre 2014? Pas tout à fait. "Il reste encore les chapelles nord. Une salle devrait montrer le trésor, qui est important." Un point d'interrogation se pose pour les écoinçons supportant à coupole à oculus, voulue par Mgr Godefroy Brossays Saint-Marc. Ils sont restés vierges. La question se pose aujourd'hui de les remplir en créant cette fameuse "intervention contemporaine", qui fout souvent tout en l'air. "Nous en restons encore au débat d''idées."

Photo (DR): L'intérieur de la cathédrale complètement restauré.

Texte intercalaire, lié à celui immédiatemnt au-dessus sur le musée de Rennes.

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