Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

PATRIMOINE/Les Journées sont officiellement lancées. Je vous raconte

Crédits: DR

L'an dernier, nous étions à la mairie des Eaux-Vives. C'est l'Ariana qui s'est vu choisi cette année comme cadre pour la présentation officielle des Journées du patrimoine 2018, prévues pour les 1er et 2 septembre (www.patrimoineromand.ch). Il fait beau. Je suis à l'heure dans le parc. Juste à temps pour voir débouler sur une petite moto Rémy Pagani, le maire de Genève. Je me prend à imaginer Anne Hidalgo, qui est après tout aussi une personnalité de gauche, faisant la même chose à Paris. Et je la vois discutant le bout de gras avec les gens ici rassemblés. Des gens souvent fort éloignés de la presse, soit dit entre nous. Vu l'état de santé de cette dernière entre Genève et Lausanne, il suffirait autrement d'une cabine de téléphone pour réunir les intéressés. 

Petits discours d'usage sur le thème de la frontière (l'édition 2018 s'appelle "Sans frontières"), qui inspire toujours les politiques. Le conseiller d'Etat Antonio Hodgers ouvre les feux. Il est question d'aller au-delà des douanes. Genève a toujours vécu en symbiose avec le pays voisin. Rémy Pagani abonde dans le même sens. Rien là méritant de se voir gravé dans le marbre. Sabine Nemec-Piguet, directrice générale de l'Office du patrimoine et des sites et conservatrice cantonale des monuments, prend ensuite la parole. Il s'agit pour elle de présenter les points forts de l'année, autrement dit de paraphraser la plaquette que nous avons tous en mains (1). C'est l'une de ses dernières apparitions dans l'exercice de ses fonctions. Sabine Nemec-Piguet devrait prendre sa retraite l'an prochain. Mais elle se se verra remplacée, ce qui au jour d'aujourd'hui fait déjà figure d'assurance sensationnelle.

Nouveau venu 

Derrière cette représentante cantonale se tient le nouveau conseiller en conservation du patrimoine culturel de la Ville de Genève, qui fera par la suite visiter les toits et l'intérieur de la coupole de l'Ariana. Une visite que seuls les sales privilégiés que nous sommes auront le droit de faire. Elle n'est pas prévue au programme pour les 1er et 2 septembre. Le nouveau venu, qui succède à Philippe Beuchat, s'appelle Pierre Tourvieille de Labrouche. Il y a des noms qui ne s'inventent pas. Il s'agit d'un Français de l'extérieur, ce qui a beaucoup fait tousser depuis quelques mois les amis du patrimoine. Ce n'est pas une question de nationalité, mais d'adéquation au terrain. Nul ne discute à Genève les compétences des Français intégrés au tissu local depuis bien des années. Or il s'agit ici d'un parachutage, et les parachutistes tendent toujours à se faire flinguer. 

La visite sous les combles de l'Ariana comble l’œil. Peu à peu, la petite foule s'égaille. Certaines personnes se retrouveront en fin de semaine pour procéder aux visites prévues par les organisatrices 2018 Valérie Muller et Claire Delaloye Morgado. Trois autres lieux se sont ajoutés aux réjouissances. Il s'agit de la Villa Barton, bien amochée dans les années 1950, de La Pastorale et du Palais Wilson. Nous serons là dans la Genève internationale. Celle dont on nous vante toujours les mérites. Il faut s'inscrire sur media@bbl.admin.ch à cause des mesures de sécurité du Palais Wilson. Prévoir aussi ses papiers. Je n'ai vu nulle part qu'on relèverait les empreintes digitales. C'est ça aussi, la Genève internationale!

(1) J'ai noté que l'une de ces visites prévues, celle à l'ancienne STEP d'Aïre, devrait se faire dans un bâtiment squatté depuis quelques jours. On se réjouit de voir ce que cela va donner!

Photo (DR): La Pastorale, qui fera aussi partie du programme.

Ce texte remplace pour des raisons d'actualité ceux prévus sur des livres autour de Picasso.

Prochaine chronique le jeudi 30 août. Le Palazzo Barberini entier est devenu un musée.

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