Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

PATRIMOINE/Le musée de Lyon s'offre un second Nicolas Poussin

Crédits: Alain Basset/MBA Lyon

C'est le journal en ligne «La Tribune de l'art» qui a publié la nouvelle le 10 février, sous la plume électronique de son rédacteur en chef Dydier Rykner. Je ne vais pas me parer des plumes du paon. Dirigé par depuis des années par Sylvie Ramond, le Musée des beaux-arts de Lyon vient de faire un nouvel achat. Complémentaire, en plus. En 2007, l'institution acquerrait «La Fuite en Egypte» de Nicolas Poussin (1594-1665). Elle le payait 17 millions d'euros. Un coup d'éclat et un coup de «pub'» en même temps. L'opération constitue d'ailleurs le point de départ d'un livre assez cruel de Bernard Lahire. Dans «Ceci n'est pas qu'un tableau», paru aux Editions de La Découverte en 2014 (598 pages!), l'universitaire lyonnais démontrait que le musée entendait prouver par ce geste qu'il entendait jouer dans la cour des grands. 

L'institution vient aujourd'hui de s'offrir un second Poussin, «La mort de Chioné». La toile remonte aux années de jeunesse du peintre, avant qu'il aille à Rome. Il l'a peut-être même exécutée sur son chemin, en 1622. L'oeuvre se trouvait en tout cas dans une collection lyonnaise, celle des soyeux Reynon, en 1691. Elle a beaucoup voyagé depuis, avant de se voir publiée par Sir Denis Mahon dans le catalogue de «Nicolas Poussin, les premières années romaines». Une belle exposition montée en 1998 dans la capitale italienne par l'expert britannique, mort depuis centenaire. Le musée de Lyon l'a ainsi acquise dans la galerie londonienne de Jean-Luc Baroni, un monsieur au physique de «condottiere», connu pour pratiquer de très hauts tarifs. Il l'a cependant payée 3,75 millions d'euros, ce qui fait nettement moins que 17 millions il y a sept ans.

L'aide des mécènes du Club Saint-Pierre 

Il a quand même fallu réunir la somme. L'Etat a donné 600.000 euros. Les collectivités territoriale 400.000. Le reste a été déboursé par le Club Saint-Pierre, qui regroupe les grands mécènes (plutôt des entreprises) de l'institution. Tout se tient. Le dit club, dont il existe un pendant à Grenoble, a été fondé pour financer «La Fuite en Egypte». 

Il faut encore que je vous raconte l'histoire. Vous n'avez sans doute jamais entendu parler de Chioné. Eh bien, il s'agissait d'une mortelle. Aimée d'Apollon et de Mercure, elle avait donné naissance à des jumeaux, Autolycus et Philammon. Chioné a eu l'audace de se dire alors plus belle que Diane, qui était une terrible mégère. La déesse chasseresse lui perça la langue d'une flèche, entraînant sa mort. On sait que les dieux antiques sont tellement nuls qu'ils jalousent les humains...

Texte intercalaire. 

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