Fabrice Delaye

JOURNALISTE

Fabrice Delaye a découvert Internet le 18 juillet 1994 sur les écrans des inventeurs du Web au CERN. La NASA diffusait ce jour-là les images prises quasi en direct par Hubble de la collision de la comète Shoemaker-Levy sur la planète Jupiter…Fasciné, il suit depuis ses intuitions sur les autoroutes de l’information, les sentiers de traverse de la biologie et étend ses explorations de la microélectronique aux infrastructures géantes de l’énergie.

L’idée ? Montrer aux lecteurs de Bilan les labos qui fabriquent notre futur immédiat; éclairer les bases créatives de notre économie. Responsable de la rubrique techno de Bilan depuis 2006 après avoir été correspondant de L’Agefi aux Etats-Unis en association avec la Technology Review du MIT, Fabrice Delaye est diplômé de l’Institut d’Etudes Politiques de Paris et de l’EPFL.

Membre du jury des SwissICT Awards, du comité éditorial de la conférence Lift et expert auprès de TA-Swiss à l’Académie Suisse des Arts et des Sciences, Fabrice Delaye est l’auteur de la première biographie du président de l’EPFL, Patrick Aebischer.

Patrick Aebischer, une histoire romande

La succession de Patrick Aebischer à la fin de la prolongation de son mandat de président de l’EPFL en décembre 2016 suscite beaucoup d’interrogations sur le profil du successeur idéal. Faut-il un consolidateur ou un entrepreneur? La croissance phénoménale qu’a connue le campus d’Ecublens pourra-t-elle être maintenue avec le même leadership, parfois intrépide, qu’a su lui imprimer le neuroscientifique?

Au-delà de celle de la personnalité, la question touche aussi au mode de désignation de ce successeur. Et à son indépendance. Aujourd’hui, cette question concerne toute l’économie romande. L’EPFL en est le moteur. D’abord parce qu’elle fournit toujours à l’industrie nombre de ses cadres et de ses innovateurs. Ensuite, parce que, au travers des plus de 180 start-up issues de ses recherches depuis 2000, elle contribue à renouveler le tissu économique.

Enfin, et peut-être surtout, parce que son destin concerne désormais directement Genève, Fribourg, Neuchâtel et le Valais. En facilitant les extensions de l’EPFL dans leurs cantons, les autorités ou les entrepreneurs qui ont favorisé ces initiatives espèrent bien que le dynamisme de l’EPFL irrigue leurs économies.

La vision de métropole lémanique théorisée dans les années 1990 par des gens comme le sociologue de l’espace Michel Bassand ou le politologue Jean-Philippe Leresche est ainsi devenue une réalité que rien ne concrétise autant que ces extensions cantonales.

Cela crée une situation nouvelle en matière de gouvernance. Le Conseil des écoles polytechniques, l’organe qui chapeaute l’EPFL, a cinq autres institutions sous sa responsabilité (EPFZ, EMPA, EAWAG, PSI et WSL). Toutes sont situées en Suisse alémanique. Ce conseil choisit les présidents de ces institutions et donc le successeur de Patrick Aebischer. Or, il n’a pas vu son périmètre évoluer depuis 2000. En d’autres termes, il ne reflète pas l’essor qu’a pris l’EPFL, ni ses extensions cantonales.

Une dynamique à préserver 

Au moment où le contexte budgétaire se tend, la Suisse romande serait bien inspirée de pousser à une évolution de ce conseil. En particulier, il semble curieux que la création d’un secrétariat à la recherche dans les années 1990 n’ait pas conduit à une simplification de la gouvernance de la recherche suisse.

Sauf à prendre le risque du genre de crise qui avait entouré l’arrivée de Patrick Aebischer en 2000 ou celui de voir les budgets se réduire, il faut simplifier cette gouvernance si l’on entend préserver non seulement l’œuvre de Patrick Aebischer mais sa dynamique. C’est un projet crucial pour toute la Suisse romande. Et le meilleur service à rendre au successeur de Patrick Aebischer quel qu’il soit.

Du même auteur

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info

Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."