Chantal De Senger

JOURNALISTE

Licenciée des Hautes Etudes Internationales de Genève en 2001, Chantal de Senger obtient par la suite un Master en médias et communication à l’Université de Genève. Elle débute sa carrière au sein de la radio genevoise Radio Lac. Journaliste depuis 2010 pour le magazine Bilan, elle est spécialisée dans les PME. En grande amatrice de vins et gastronomie, elle est également responsable du supplément Au fil du goût encarté deux fois par année dans le magazine Bilan. Chantal contribue par ailleurs régulièrement aux suppléments Luxe et Immo Luxe de Bilan.

Pas d’impôt supplémentaire!

A peine sortis de la votation sur l’abolition des forfaits fiscaux, les Suisses se prononceront à nouveau sur une initiative lancée par les partis de gauche et qui vise encore une fois à enfreindre le bon fonctionnement de l’économie et à causer du tort à l’image du pays.

En effet, l’initiative populaire «Imposer les successions de plusieurs millions pour financer notre AVS» qui sera soumise au peuple le 14 juin prochain vise à rajouter un nouvel impôt sur les successions et les donations au taux forfaitaire de 20% au-dessus de 2 millions de francs! Aujourd’hui, les descendants directs ne paient en général pas d’impôt sur les successions.

En cas d’acceptation de l’initiative, des enfants ou un conjoint qui hériteraient d’une propriété de famille d’une valeur supérieure à ce montant seront, pour la plupart, dans l’obligation de la vendre pour payer cette nouvelle taxe.

Quant aux PME ou autres entreprises familiales, même si des réductions sont prévues (encore non définies donc peu claires), cette triple imposition (revenu, fortune et successions) pourrait leur poser des problèmes de liquidités au point de menacer leur existence au moment de régler leur succession.

A l’heure actuelle, les cantons sont souverains en matière de politique fiscale. Alors pourquoi voter pour ce nouvel impôt national qui serait une ingérence dans la souveraineté fiscale des cantons? Par ailleurs, le fait d’allouer les deux tiers des recettes de l’impôt à l’AVS (qui n’est pourtant pas en déficit) n’est pas le seul effet pervers de ce projet: sa rétroactivité au 1er janvier 2012 est tout simplement contraire au droit et nuit à l’image du pays et à sa compétitivité.

En effet, ceux qui chercheraient à fuir leurs systèmes d’imposition confiscatoire vont à nouveau hésiter à choisir la Suisse comme terre d’accueil. Quant au risque de voir certains Suisses ou résidents étrangers (qui paient de nombreux impôts) quitter le pays pour des cieux fiscalement plus cléments, il existe bel et bien.

Dès lors, plutôt que de vouloir éternellement rajouter de nouvelles charges aux citoyens, pourquoi ne pas proposer d’en abolir? Comme par exemple, l’impôt sur la fortune, la Suisse étant l’un des derniers pays au monde à l’appliquer. Quoi qu’il en soit, il faudra choisir entre l’un ou l’autre, mais les deux cumulés seraient une catastrophe pour l’économie du pays.

Un message clair

Les partis de droite, forts de leur victoire contre l’initiative sur l’abolition des forfaits fiscaux, ne doivent pas minimiser cette nouvelle menace. Heureusement, tout comme les précédents rejets des initiatives lancées par les partis de gauche, le message du 30  novembre dernier a été très clair: les Suisses ne veulent pas changer un système qui fonctionne! Alors espérons une chose: que le scrutin sur les successions connaisse le même sort que ses prédécesseurs! 

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