Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

PARIS/Vitrines "Monstre" aux Galeries Lafayette

J'arrive à nouveau comme la grêle après la vendange. Ou presque.. Vous avez cependant jusqu'au dimanche 4 janvier pour voir le "Noël Monstre" des Galeries Lafayette, sur les grand boulevards parisiens. L'un des spectacles les plus réussis de l'année, si l'on se place sur le plan des arts de la scène. La meilleure performance de 2014 si l'on choisit le terrain de la création contemporaine (1). 

Depuis le 5 novembre, les Parisiens peuvent en effet assister à la mise en vitrines de peluches créées et animées selon les directives de Thibault Pradet, l'imagier des Galeries. Rien cette fois du rêve classique, qui est longtemps resté la norme des grands magasins de la capitale! Il y a même, en arrière-fond, un peu de vidéo. Il faut dire que les Galeries, sur le plan de la modernité, se voient aujourd'hui dépassées par le Bon Marché, à l'optique moins traditionnelle. Il leur faut donc innover tout en gardant le style de la maison, qui se veut la Rolls du genre.

Marionnettes poilues 

Derrière de lourds rideaux de théâtre, petits et grands (je me demande si les grands n'éprouvent pas davantage de plaisir que les petits...) découvrent donc des marionnettes poilues, pourvues de grands yeux. Parfois uniques. Parfois multiples, ces derniers. Tout bouge, grâce à des fils (presque) invisibles. Gustave et sa bande (Norbert, Zoé...) ont en plus le tact de ne promouvoir aucun produit précis. Les vitrines des Galeries, dirigées par Agnès Vigneron (et au-dessus d'elle par le président Philippe Hauzé) sont moins conçues comme des appels du pied que comme un cadeau fait non seulement aux clients, mais aux simples passants. Après tout, il s'agit là d'une institution, ayant en tant que telle baptisé une station de métro de la ligne numéro 7 et 9. 

Ne restez cependant pas sur le trottoir. Parrainée par Jerry Hall (58 ans, mais touts ses dents), cette manifestation a l'habileté de se poursuivre à l'intérieur. Sous la coupole (2), aussi célèbre que celle du Grand Palais, pend un sapin de Noël. A l'envers, façon stalactite. Vingt-cinq mètres de haut. Un choc visuel! Il n'en restera bientôt plus rien. Dès le printemps, l'équipe planchera déjà sur Noël 2015. Il faut des mois, et beaucoup d'argent, pour que la fête continue... Cela dit, côté finances, tout va bien, merci. Le chiffre d'affaires annuel des Galeries dépassait le milliard d'euros en 2009. Un résultat largement supérieur à celui de Harrods à Londres. 

(1) Je rappelle que Jean Tinguely a commencé sa carrière avec le vitrines d'un opticien alémanique.

(2) Quel dommage que le grand escalier, placé en dessous, ait été démonté en 1974!

Pratique 

Galeries Lafayette, boulevard Haussmann, Paris, jusqu'au 4 janvier. A côté, vous avez les vitrines du Printemps, qui a obtenu Burberry comme sponsor, avec toute la lourdeur que cela suppose. C'est d'un triste! Photo (Galeries Lafayette): L'une des fameuses vitrines.

Texte intercalaire, le dernier de cette année.

 

 

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