Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

PARIS/Un demi million pour une coupe de Marie-Antoinette!

Serait-ce une bonne nouvelle? Un collectionneur américain vient d'acheter (sans doute par téléphone, il est vrai) une coupe en porcelaine de Sèvres de 28 centimètre de large ayant appartenu à Marie-Antoinette. L'objet se voyait proposé le mercredi 18 novembre à Paris par l'étude Thierry de Maigret (comme le commissaire de Simenon). L'amateur a obtenu l'objet, autorisé de sortie du territoire national, pour 360.000 euros plus les frais, qui doivent tourner autour des 25 pour-cent. On arriverait ainsi à 450.000 euros, soit un petit moins qu'un demi million de francs. Je ne vais pas affiner les comptes. Ne nous montrons pas mesquins. 

La coupe, à décor «étrusque», fait partie du légendaire service commandé par Louis XVI pour orner la laiterie de son épouse à Rambouillet. Ce bâtiment de super-luxe avait été orné à l'intérieur (tapissé de coquillages) de sculptures de Julien et de meubles dessinés par le peintre Hubert Robert. Le service n'a été prêt qu'en 1788. C'est dire si la souveraine en a peu profité. Elle n'est pas revenue à Rambouillet après 1789 pour cause de force majeure.

Le bureau de Louis XIV 

Si un Yankee achète à Paris en ce moment un bibelot aussi cher et aussi fragile, c'est qu'il se montre solidement optimiste. L'Etat, le même jour, ne faisait qu'accomplir son devoir à la vente de l'étude Fraysse. Il a notamment acquis un bureau d'Oppenhordt, livré à Louis XIV pour son «petit cabinet» en 1685. Prix: 1,3 million d'euros. Sans les taxes. Il faut dire que ce meuble, dont le frère jumeau se trouve au «Met», a été fâcheusement transformé au XIXe siècle. 

Une chose pour terminer. L'Hôtel Drouot, où ces objets ont changé de mains, passe pour résister à tout (même s'il ne se porte économiquement pas très bien ces temps). Les ventes ont continué en 1918, alors que la «Grosse Bertha» faisait pleuvoir ses obus de canon sur Paris. Elles ont prospéré durant toute l'Occupation, de 1940 à 1944. La maison, qui allait se voir démolie pour construire le nouvel Hôtel, fait enfin partie des rares institutions dont Mai 1968 n'a pas interrompu les activités un seul jour. 

P.S. Je tire une partie des renseigment du journal en ligne «La Tribune de l'art».

Photo (Etude Thierry de Maigret): La coupe de Marie-Antoinette.

Texte intercalaire.

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