Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

PARIS/Six graffitis de Bansky auraient fait leur apparition sur les murs

Crédits: AFP

La chose n'a rien d'étonnant. C'est la manière dont la presse en parle, du «Monde» au «Huffington Post» qui surprend le plus. On «aurait découvert» de nouvelle œuvres de Bansky. Le conditionnel sent la prudence devant le chef-d’œuvre ou le grand nom. On «aurait» comme cela, un peu trop souvent du reste à mon avis, trouvé un nouveau Léonard de Vinci (non, je ne pense pas à la dame de profil du port Franc genevois!) ou un nouveau Caravage. Appelez les experts. Ils arriveront bien à ne pas s'entendre entre eux... 

Cette fois-ci, il n'y aurait pas un mais au moins six nouveaux graffitis de l'Anglais qui se révèle encore, vingt ans après ses premiers exploits, aussi insaisissable que Fantômas. Nul ne sait son identité. Les six images sont apparues à Paris. Il y a d'abord eu, en bordure du périphérique, une petite fille brodant une rose sur une croix gammée. Elle se situe tout près de l'endroit où se trouvait le premier centre d'accueil pour réfugiés. Nous étions alors le 20 juin, «Journée mondiale des réfugiés». Ont ensuite surgi une, puis deux, puis cinq autres images tracées sur le mur. Avant même qu'on se montre sûr de leur autographie, les exégètes s'en sont donné à cœur joie. Qu'en penser? Il y a par exemple un homme avec une scie nourrissant d'un os son chien. Quel sens exact donner à la chose, à moins qu'elle ne soit polysémique, comme on dit dans les universités quand on ne sait plus quoi dire?

Tandis que certains voyaient bien là la main de Bansky, comme l'historien de l'art Paul Ardenne, d'autres ont trouvé les images parfois trop sentimentales. Elles seraient donc le fait de suiveurs. Les plus instruits ont rappelé que Bansky s'était distingué en 2015 aux abord de la «jungle» de Calais. La seule bonne nouvelle est que le graffiti apparaît de plus en plus comme un art, même si les générations les plus âgées lui restent imperméables. Tout le monde ne vit pas à la même époque. J'avoue du reste éprouver parfois du mal à survivre à la mienne.

Photo (AFP: L'un de graffitis récemment découverts à Paris.

Texte intercalaire.

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