Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

PARIS/Remous. Jean-Marc Bustamante doit quitter la direction de Beaux-Arts

Crédits: Sipa

C'est une mini-affaire. Un pet médiatique. Jean-Marc Bustamante est obligé de quitter la direction de l'Ecole nationale supérieure des beaux-arts (ENSBA) de Paris. «Le Monde» ou Le Figaro» se sont fait l'écho de ses hésitations et de ses doléances. Le cher homme se sent comme il se doit incompris. Abandonné. Notons cependant qu'il pensait juste obtenir un nouveau mandat, celui qu'il avait reçu en 2015 expirant en septembre 2018. C'eut été une dérogation, mais le goût du pouvoir ne se perd pas de si tôt. Le Toulousain est né en juin 1952. Il a donc 66 ans, si je sais bien compter. 

A l'origine de sa mise à l'écart, ou pseudo mise à l'écart, il y a les histoires désormais habituelles. «Violences morales». «Harcèlement». «Discrimination». «Pas assez de professeurs femmes». Cerise sur le gâteau, sept plaintes ont été déposées par le personnel pour «injures racistes». Tout cela ne se voit bien sûr imputé au directeur, qui est par ailleurs un artiste reconnu depuis les années 1980 (avec le tandem BazilleBustamante), même s'il s'agit toujours à son âge d'une starlette française. Mais l'homme aurait laissé faire. Il n'aurait pas compris la «souffrance», puisque tout le monde se doit aujourd'hui d'être victime. Pour mon salut personnel, il faudra du reste que je me trouve le plus vite possible un petit traumatisme quelque part à déclarer.

Enfariné

Le 28 juin, Jean-Marc Bustamante s'est donc fait enfariner par ses élèves, ou du moins une partie. Ils sont 700 en tout. Peu après, il découvrait que la Ministre de la culture le roulait dans la farine, mais sous une autre forme. Elle refusait de le recevoir. Restaient les médias, à qui se plaindre. Puis il lui a bien fallu se résigner. Ce qui compte aujourd'hui dans une école, ce n'est plus la qualité de l'enseignement ou la volonté de créer un musée patrimonial à l'ENSBA, comme entendait enfin le faire Bustamante, mais l'adaptation au politiquement correct. Je ne veux pas dire que tout soit permis. Loin de là. Mais il semble tout de même étrange de voir un lieu par essence bordélique se transformer en couvent pour carmélites. Quand on pense que les affiches de Mai 68 ont été imprimées ici... 

Il faut dire que l'école, «à l'ambiance délétère», n'en est pas à son premier accroc. En 2015, Nicolas Bourriaud avait été éliminé (ce que ne rappelle pas aujourd'hui la presse) à la suite d'une autre pétition. Lui aussi avait été lâché par une Ministre de la culture. C'était Fleur Pellerin, juste avant que François Hollande la laisse tomber, elle. Le prédécesseur de Bustamante s'était défendu comme un beau diable. En vain. Il sévit depuis à Montpellier, où il s'occupe d'affaires artistiques, dirigeant notamment le centre La Panacée. Avouez que comme nom c'est au moins bien choisi! 

Photo (Sipa): Jean-Marc Bustamante à l'époque où il représentait la France à la Biennale de Venise. C'était en 2003.

Texte intercalaire.

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