Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

PARIS/Monet et les abstraits américains ont triomphé. Mais que signifient les chiffres?

Crédits: DR

Que signifient les chiffres? Souvent ce qu'on veut bien leur faire dire. L'Orangerie vient de communiquer par le biais du Musée d'Orsay, dont elle dépend, les résultats de fréquentation de l'exposition «Nymphéas, L'abstraction américaine et le dernier Monet», dont je vous avais (favorablement) parlé en son temps. C'est une réussite. Il y a eu 400 291 visiteurs en 112 jours d'ouverture, soit une moyenne de 3590. 

La grande question reste cependant la suivante. Les touristes sont-ils venus pour cette manifestation temporaire, comprise dans le billet d'entrée, ou se sont-ils contentés des seuls nymphéas, suivis d'un petit tour parmi les Renoir et les Cézanne de la donation Walter-Guillaume? Impossible de répondre. Il n'y avait pas de contrôle à l'entrée comme à Orsay, qui comptabilise ainsi (à la sortie du reste) les clients ayant effectivement parcouru les manifestations annexes. La chose peut avoir son importance. Quand l'Accademia de Florence organise une exposition (ce qui ne lui arrive pas souvent), elle considère que tous les clients venus pour le «David» de Michel-Ange l'ont vue. C'est très, très loin de la vérité. Mais un bon résultat semble aujourd'hui devenu vital. Le Louvre a ainsi prétendu qu'il y avait reçu autant de public pour Valentin de Boulogne que pour Vermeer, puisqu'il y avait un seul billet pour les deux. Il fallait juste le dire vite...

Variations 

Des chiffres communiqués par Orsay donnent cependant une idée. Ils sont envoyés pour comparaison. Honnêtement. La magnifique exposition sur les peintres américains des années 30 avait attiré 324 269 personnes. Il n'y avait là presque aucun nom connu. La banale présentation du Bridgestone Museum de Tokyo, où ne figuraient que des gloires patentées, a vu vendre 419 740 billets. Il peut donc y avoir des variations importantes. L'intéressant serait de connaître une fois la fréquentation de l'Orangerie quand il n'y a là aucune manifestation temporaire.

Photo (DR): L'un des derniers Monet. Un tableau montré à l'Orangerie.

Texte intercalaire.

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