Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

PARIS/Les Galeries Lafayette proposent leurs vitrines "Extra Polaires"

Crédits: Galeries Lafayette, Lorenzo Papace

C'est bientôt Noël. Les fêtes de fin d'année durent déjà depuis plus d'un moins aux Galeries Lafayette. C'est en effet le 8 novembre que le grand magasin a dévoilé ses vitrines. Il leur fallait une marraine. Il s'agissait cette fois d'Audrey Tautou, toujours auréolée de son image d'Amélie Poulain. Un cheval gagnant pour une opération ô combien parisienne. 

Les vitrines actuelles résultent d'une opération conduite sur toute une année. Il faut choisir le sujet. Trouver le budget. Assurer la réalisation. Il y a les précautions à prendre, histoire par exemple que le grand sapin (cette fois en papier) de chute pas sous la coupole intérieure. Ces dernières années, les Galeries Lafayette avaient ainsi flirté avec les nouvelles technologies. Normal! Ses vitrines de Noël s'adressent avant tout aux enfants, qui sauront bientôt manipuler une tablette avant même de parler. Disons que le grand public y avait un peu perdu pour ce qui est de la magie.

Les découpages de Lorenzo Papace

C'est donc «en arrière toute» pour cette édition, la plus belle sans doute de ces dix dernières années. Les Galeries ont décidé de s'adresser à un créateur polyvalent, Lorenzo Papace. Né en 1986 à Lyon, ce dernier a le vent en poupe. Quand il ne fait pas de la musique avec son groupe Ödland, il réalise des films ou poursuit ses pratiques de plasticien. Ce passionné «de voyages, de science et de folklore européen» (je cite son site) a comme clients la Cité des Sciences, le Musée Gadagne de Lyon, la chaîne Arte ou la marque de chaussures Heschung. Il peut maintenant y ajouter des galeries symbolisant la France pour nombre d'étrangers. 

Lorenzo est passionné par le découpage. Un peu comme Andrea Mastrovito, vu à Genève chez Analix, puis chez Guy Bärtschi. L'homme a donc réalisé des maquettes qu'ont agrandies l'équipe technique. Papace a imaginé de peupler "Extra Polaire" d'ours blancs, sous forme de grands origamis à la japonaise. N'y voyez surtout pas d'écologie! «Les Galerie Lafayette se sont transformées en banquise. Les ours s'amusent, dansent et jouent à tous les étages du magasin» Voilà qui les changent de leurs angoisses face au changement climatique...

Presque aucun produit 

Entièrement blanches, les vitrines n'offrent presque aucun objet commercial. Il n'y a en fait qu'un seul produit dans chaque espace. Blanc aussi, bien sûr. Ou au moins argenté. Notez qu'il ne s'agit pas forcément là d'une chose chère, même si le sac à main vaut 2200 euros. Il y a des peluches tout à fait accessibles: 29 euros. D'aucuns se demandent quel est le critère pour s'être ainsi retrouvé sélectionné. Faut-il que la marque paie? 

Pour faire la différence, sur les Grands Boulevards, le système est simple. Il suffit de regarder ensuite, tout près des Galeries, les aménagements du Printemps. C'est sur-coloré avec plein de machins à vendre. Le rêve a ici fait place à la réalité.... économique.

Pratique

Galeries Lafayette, 40, boulevard Haussmann, Paris, site www.galerieslafayette.com Visible 24 heures sur 24, jusqu'au début janvier.

Photo (Galeries Lafayette): L'une des vitrines visibles sur le boulevard Haussmann.

Texte intercalaire.

 

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