Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

PARIS/Les expositions, Rousseau, Araki, Paula Modersohn-Becker

Crédits: Fondation Beyeler, Bâle

«Le Douanier Rousseau, L'innocence archaïque». Il occupait l'an dernier le Palais des Doges de Venise. C'était plutôt incongru. Je vous en avais parlé. Henri Rousseau se retrouve aujourd'hui au Musée d'Orsay, qui reprend la manifestation de manière plus logique. Mort en 1910 alors qu'il accédait à la gloire, l'artiste bénéficie ici d'une rétrospective le situant en son temps, en éliminant les peintres naïfs qui ont suivi. La dernière salle, consacrée aux jungles venues d'un peut partout dans le monde, se révèle particulièrement belle. (www.musse-orsay.fr, jusqu'au 17 juillet) 

«Araki». Il photographie comme il respire. Le Japonais remplit le sous-sol du Musée Guimet, qui passe ainsi au 8e art. L'homme se voit représenté par des séries, ce qui fait au final beaucoup d'images, alignées de manière serrée. Il y a là le «Théâtre de l'amour» de 1965, puis le voyage de noces de 1971 avec celle dont il fixera les derniers instants, et l'enterrement, en 1990. Plus, bien sûr, quelques dames ligotées. C'est bien, mais pourquoi marcher sur les brisées du Jeu de Paume ou de la Maison européenne de la photographie? (www.guimet.fr, jusqu'au 5 septembre) 

«Paula Modersohn-Becker, L'intensité d'un regard». Elle est morte en 1907 à 31 ans, dix-huit jours après la naissance d'un enfant très attendu. Son dernier mot fut «dommage». L'Allemande a débuté dans un style réaliste, avant de simplifier ses formes jusqu'à les rendre presque brutes. Elle s'est beaucoup tournée vers le genre bien particulier de l'autoportrait. Paris, où elle demeure inconnue, lui devait un hommage. Paula y a accompli quatre longs séjours à partir de 1900. En ces temps de germanophilie, l'exposition, pourtant austère, marche bien sur le plan public. (www.mam.paris.fr, jusqu'au 21 août)

Photo (Fondation Beyeler): "Le lion ayant faim" est venu de Bâle après restauration (picturale, évidemment).

Ce texte accompagne celui sur la rétrospective Georges Desvallières au Petit Palais de Paris

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