Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

PARIS/Le Ritz a rouvert en catimini après 400 millions d'euros de travaux

Crédits: Le Figaro

Le Ritz a rouvert en catimini aujourd'hui, ce lundi 6 juin. «Le Figaro», qui s'intéresse davantage à ce genre d'événements que «Libération» (la gauche caviar préfère les hôtels faussement démocratiques de Saint-Germain), en a proposé une visite à ses lecteurs le 3 juin. Philippe Viguie-Desplans décrivait les chambres et le restaurant par le menu. Le même journal confirmait, le 4 juin, la mise à disposition du Ritz pour les voyageurs. Comme aucune grande fête n'était annoncée pour une restauration qui a tout de même coûté 400 millions d'euros, les lecteurs du journal refusaient d'y croire. 

Il a fallu réaliser du neuf avec du vieux. L'architecte Beautemps ne pouvait pas faire la pluie et... le beau temps. De nombreux éléments ce cet hôtel ouvert en 1898 par le Suisse César Ritz sont classés monuments historiques. Idem pour le décorateur Thierry Despont. La principale nouveauté est donc un jardin à la française, petit modèle. Il doit se contenter de 1650 mètres carrés. Autrement, tout a été rajeuni. L'établissement compte désormais 142 chambres, dont 71 en suite, soit 17 de moins qu'auparavant. Les prix ont dû coup pris l'ascenseur (avec liftier). Ils démarrent à 1000 euros la nuit (mais l'affreux Costes voisin coûte 500 euros pour une «cambre mini»...) et plafonnent à 28 000 euros (www.ritzparis.com). Pour ce tarif, vous avez la suite impériale, six mètres sous plafond, où coucha notamment Goering pendant la guerre. Une guerre un peu trop joyeuse au Ritz (1).

La même famille jusqu'en 1979

Le propriétaire reste toujours Mohammed el-Fayed, le père de.... Oui de celui avec qui Lady Di fricotait avant leur mort en 1997. Le milliardaire a vendu pour payer les travaux Harrod's à Londres, son autre bijou de famille. El-Fayed avait acquis le Ritz en 1979 de la famille Ritz elle-même. Rappelons que César, le bien prénommé, avait aussi ouvert aavant 1914 un établissement au goût très similaire à Londres (à côté de Green Park) ou à Madrid (en face du Prado). 

Le Ritz, c'est aussi un style. Versailles adapté aux besoin d'un grand hôtel. César Ritz avait préféré le Louis XVI, qui plaisait à sa clientèle américaine. En 1947, Christian Dior exigea pour ses salons le «Louis XVI Ritz». Le couturier imposait ainsi la copie d'une copie. Elle reste toujours la marque d'une maison de modes qui avance désormais, côté style, cahin-caha. Le genre original a été plus ou moins respecté place Vendôme, au vu des photos publiées en ligne par «Le Figaro». C'est la même chose, en plus cliquant. Que voulez-vous? Pour une clientèle très différente de celle des origines, les cinq étoiles se doivent de faire peau neuve. De se lifter. Non loin de là le Crillon n'en finit pas de se refaire une beauté. 

(1) A ce propos, on raconte une délicieuse histoire. A la demande d'une riche Américaine désirant savoir comment la direction du Ritz avait su, en 1940, que les Allemands allaient arrivé, il fut répondu: «Mais Madame, parce qu'ils avaient réservé.» 

Photo (Le Figaro en ligne): Dans le «lobby» du nouveau Ritz.

Texte intercalaire.

 

 

 

Du même auteur

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info

Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."