Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

PARIS/Le Musée Jacquemart-André propose un "Rembrandt intime"

Crédits: Musée Jacquemart-André

«Rembrandt intime». Ciel! De quoi s'agit-il? Rien de bien compromettant. Le Musée Jacquemart-André de Paris, dont les espaces d'expositions temporaires sont pour le moins exigus (et biscornus), se doit de montrer des œuvres de petit taille. Il se révèle ainsi parfait pour les dessins et les estampes, devant lesquels s'agglutinent des groupes. Le lieu voit en effet défiler quantité de visites guidées, genre troupeau de moutons sans chien de garde. 

Grâce à Monsieur André et à Madame Jacquemart, l'institution possède trois Rembrandt. Le premier est le célèbre «Les Pèlerins d'Emmaüs», réalisé vers 1629, avec le Christ en contre-jour. Le second un assez vilain portrait de profil d'Amalia van Solms, l'épouse du stadhouder. L'unique commande princière décrochée par l'artiste, en 1632. Le troisième enfin un beau portrait d'homme de la maturité, qui a été identifié grâce à une gravure comme celui du docteur Arnold Tholinx (1654).

Prêts généreux 

Autour de ce trio, il fallait construire toute une exposition. Le Jacquemart-André est Dieu merci riche en œuvres et il prête volontiers (en dernier lieu son Saint Georges d'Uccello à Ferrare). Il lui est donc permis d'emprunter en retour. Paris a constitué le premier champ d'investigation, avec des gravures venues du Petit Palais ou de la Bibliothèque Nationale. Des dessins sont arrivés de Berlin ou de Dresde. 

Restaient les tableaux. Il y a eu des prêts très généreux du Metropolitan Museum de New York, de l'Ermitage ou de la National Gallery Londres, qui a confié le merveilleux portrait d'Hendrickje Stoffels aux perles d'oreille. Même le Louvre a participé à l'opération, alors que le Jacquemart-André n'est pas une institution étatique ou municipale. Il faut dire que ses salles hollandaises se trouvent (pour combien de temps, au fait?) en travaux. En sont donc sortis un bel autoportrait de jeunesse et l'autre version, plus tardive, des «Pèlerins d'Emmaüs», datée de 1648. Un chef-d’œuvre restauré, il y a quelques années avec tact, ce qui en a éliminé l'aspect jaunâtre.

Une occasion rare 

Le tout rentre comme il peut dans son cadre architectural, avec une scénographie un rien tarabiscotée d'Hubert Le Gall. Il y a là des tableaux rarement vus, venus de Leyde ou de Tours (une petit «Fuite en Egypte»). Les expositions Rembrandt restent par définition rares, depuis les grands raouts du tricentenaire en 2006, qui avaient débloqué bien des œuvres. Alors, profitez-en!

Pratique 

«Rembrandt intime, Musée Jacquemart-André, 158, boulevard Haussmann, Paris, jusqu'au 23 janvier 2017. Tél. 00331 45 62 11 59, site, Ouvert tous les jours de 10h à 18h, le lundi jusqu'à 20h30.

Photo (Musée Jacquemart-André): "Les pèlerins d'Emmaüs", vers 1629, qui appartient au musée.

Texte intercalaire.

 

 

Du même auteur

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info

Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."