Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

PARIS/Le Musée d'Orsay s'est offert deux Ferdinand Hodler

Crédits: Musée d'Orsay, Paris 2018

Orsay achète. On le sait. Au temps où le musée parisien se comportait comme un aspirateur, son directeur Guy Cogeval avait même organisé une exposition en 2014-2015 sur ses emplettes intitulée «Sept ans de réflexion». En toute modestie. Mais peut-être s'agissait-il là d'un clin d’œil à Billy Wilder et à Marilyn Monroe.

Moins flamboyante, sa successeure Laurence des Cars a rendu publique ses dernières acquisitions. Il y a là diverses choses dont un grand paysage du Suédois Gustaf Fjaestad, histoire de compléter le panorama nordique, et une vraie curiosité, la nature morte exécuté par le grand marchand Paul Guillaume. L'homme pratiquait aussi la peinture. A mon avis, il n'aurait pas dû.

Deux portraits 

Les deux gros morceaux sont cependant formés par deux portraits de Ferdinand Hodler. Le jeune Werner Miller, présenté frontalement en pied, s'oppose au visage de l'écrivain Mathias Morhardt, que le Genevois d'adoption a plusieurs fois représenté. Orsay en profite pour dire qu'il possède maintenant cinq Hodler, alors que les musées de province n'en ont aucun. L'institution rappelle également qu'elle s'est intéressée à Cuno Amiet (avec un chef-d’œuvre, «Le grand hiver»), à Giovanni Giacometti ou à Arnold Böcklin. Elle entend «poursuivre dans cette voie suisse». Il lui manque à mon avis un Augusto Giacometti symboliste, un Luigi Rossi, un Albert Welti ou un vrai beau grand Giovanni Segantini. Un peintre ne devient vraiment international qu'au moment où il se voit représenté dans les plus grands musées. Autant dire qu'Orsay ne suffit pas. Il faut la National Gallery, la Tate ou le «Met». 

Cela dit, tout cela coûte cher. Un intérieur de Marius Borgaud, peintre que j'ai toujours trouvé sinistre, vient de se vendre le 21 mars 535 000 francs chez Bailly et Beuret de Bâle. Estimation initiale: 40 000 à 60 000 francs. Il n'y en a pas que pour le bling-bling...

Photo (Musée d'Orsay): Le jeune Werner Miller, peint par Hodler en 1899, fragment.

Texte intercalaire.

 

Du même auteur

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info


Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."